Manque d'empathie

1462 Mots
Chapitre 8 Après ma convocation surprise au bureau, le soir, Darren dîne avec Stacy. - Tu m'as l'air préoccupé ! - Oui, un souci au boulot. Enfin pour une collègue plutôt. - Tu vas me reparler de Brenda toi ! - Elle a des soucis. - De quel genre. - Elle a un homme dans sa vie et je crois bien qu'il la frappe. - Qu'est-ce qui te permet d'affirmer ça ? - Des traces de coups sur elle et c'est assez régulier. - Tu lui en as parlé. - Elle nie. - Ben ça veut dire que tu te plantes. Ne cherche pas plus loin. Tu sais, ces affaires là, ce n'est jamais bon de s'en mêler ! - C'est un peu mon métier quand même ! Puis quoi qu'il en soi, je ne peux pas rester aveugle. Si je cherche plus loin, c'est parce qu'elle me ment. Je l'ai compris dans son regard. Aujourd'hui elle avait caché les traces sur son visage avec un maquillage trop voyant et son masque chirurgical. Elle prétend qu'elle a le Covid, mais elle ne serait jamais venue avec un masque chirurgical. Elle sait très bien qu'en cas de Covid, c'est le FFP2. - Pourquoi elle reste avec lui ? - J'en sais rien. - Si elle reste avec lui, c'est que ça ne la dérange pas de se prendre des claques ! - Stacy ! (outré) Comment peux-tu tenir un discours pareil ! - Quoi ! Je n'ai jamais compris les bonnes femmes qui restaient avec leur homme v*****t. - Non, pas toi ! Tu ne peux pas réagir de la sorte ! - Ben écoute ! Faut être conne pour rester avec un mec qui te frappe. - Déjà Brenda n'est pas conne et on ne sait pas ce qui se passe. Il la menace peut-être. - Elle est flic et cheffe en plus. C'est hallucinant qu'elle ne sache pas se défendre. - Tu sais quoi Stacy, je préfère qu'on n'en parle plus. D'ailleurs je vais rentrer chez moi. J'ai plus faim. - Cette femme va ruiner notre couple. - Tu es jalouse où quoi ? - Tu es amoureux d'elle, je le sens. - Ne dis pas n'importe quoi Stacy. Il n'y a pas besoin d'être amoureux de quelqu'un pour compatir si elle est victime de violence. - À la soirée de ta collègue, tu n'arrêtais pas de la regarder. Tu la dévorais du regard. Ce n'étaient pas les yeux d'un ami. Avoue qu'elle est bien plus que ça. - Écoute, ça suffit. Tu me rappelleras quand tu seras calmée. Darren s'en va furieux. Chez moi, Stanley rentre. - Salut ! - Bonsoir ! - Bonne journée ? (demande Stanley) - Oui - Ta gamine n'est pas là ? - Elle est aller au cinéma avec des amis. - Qu'est-ce que tu as fait cet après-midi ? - J'ai regardé la télé. -Tu as regardé quoi ? - Un vieux film. Stanley s'approche le visage plein de haine, j'ai comme l'impression que l'orage va bientôt éclater à nouveau. - Quoi ? Stanley m'attrape par les cheveux. - Espèce de menteuse ! - Pourquoi tu dis ça ! Lâches-moi, tu me fais mal. - Je t'ai vu allez voir tes collègues de merde. - Tu me suis ? Tu n'as rien d'autre à faire ! - On dirait que j'ai bien fait. Qu'est-ce que tu as été foutre là-bas ? - Mon patron m'a convoqué ? - Pourquoi ? - Pourquoi ? Ben je vais te le dire pourquoi. Parce qu'il a capté que je me faisais défoncer la gueule par une merde comme toi. - Une merde comme moi. Espèce de s****e va. Stanley me lâche et me bouscule violemment contre le radiateur. - Tu lui as dit quoi ? - Va te faire foutre. - Quoi ? - Tes coups me font même plus mal Stan ! Je ne te dirais rien de l'entretien que j'ai eu avec Darren. - Darren ! Je suis sûr que tu es déjà passé dans son lit à celui-là ! - Pense ce que tu veux. - Dégage te laver, je ne veux plus voir ta gueule sinon je te défenestre. Stanley pointe son doigt sur moi. - Je te préviens Brenda ! Que si j'ai une emmerde à cause de toi, je te défonce le crâne. Tu crois que tes collègues flics me font peur ? Et toi, tu crois que parce que tu es flic tu as le pouvoir suprême ! - Pourquoi tu m'as séduite ? Tu ne m'aimes pas Stan ! Tu me détruis. Stanley m'attrape sous le cou. - Me taper une flic ça me faisait b****r ! - Tu avais ensuite prévu de me martyriser ? - J'ai jamais su garder mon sang froid face à une femme qui se croit au-dessus d'un homme. L'homme est supérieur, la femme se plie. Depuis que tu es cheffe, tu ne te prends pas pour une merde et ça m'agace ! Avec ton salaire à plus de trois mille dollars ! C'est une honte ! - Tu es bien contente d'en profiter et de me pomper mon fric. Stanley me lâche. - Va te changer, dépêche-toi. Tu as une tonne de maquillage, c'est horrible. Je m'en vais brutalisée pour la énième fois. Le lundi, je reprends le boulot. Je fais tout pour éviter Darren. Celui-ci décide de briser la glace en venant me dire bonjour. - Eh ben Brenda ! On ne dit plus bonjour à son chef préféré ?! Darren me fait une bise. - Je n'ai qu'un seul chef. - Heureusement ma chère. Tu n'as pas oublié qu'il y a l'exercice de tire aujourd'hui ! - Non, je n'ai pas oublié. Un moment de détente me fera du bien. - Détente ! Bien trouvé ! On y va ? - Euh oui ! Je compose le code de mon coffre-fort et sort mon arme. - Depuis quand tu as un coffre-fort dans ton bureau ? Depuis quand tu mets ton arme dedans ? - Je ne ramène plus mon arme chez moi. - Pourquoi ? - Ben disons que..... Ben..... Ecoute Darren, c'est à cause de Vicky. Elle commence à ramener des copines à la maison. Ça me rassure pas de savoir mon gun dans la pièce d'à côté alors qu'il y a plein d'ados qui défilent dans l'appartement. - Ne le prends pas comme un ordre, mais en théorie tu dois avoir ton arme sur toi. C'est dans tes fonctions. Tu es policier de premier grade. - Ok ! Je le rapporterais et le mettrait en sécurité. - Ok ! A l'exercice de tire. - Bon comme d'hab ma chère. Le perdant paie le café. - Je vais te plumer et tu le sais ! - Ah ouais ! Tu me sous-estimes ma chérie ! - Je suis dix fois meilleure que toi et tu le sais très bien ! - On verra ! - Le « ma chérie » c'est nouveau ? - Ben tu sais, je crois que plus on se connaît et plus on s'apprécie et certains mots gentils sortent seuls. En réalité, je voyais bien que Darren tentait de dissimuler le malaise qui régnait entre lui et moi. - D'accord, on va faire monter les enchères alors ! - C'est à dire. - Le perdant offre un déjeuner ou un dîner. - Eh ben volontiers. Nous commençons l'exercice et je regarde ma cible. Comme depuis plusieurs années maintenant, c'était la même tête que je voyais à la place de ma cible. - Tu es sans défense aujourd'hui mon coco !! Darren faisait comme s'il n'avait rien entendu, mais il avait parfaitement compris. Je m'acharne sur ma cible comme une vraie tigresse et pas une seule balle n'est passée à côté. - Bon ben effectivement, je m'incline devant toi. Tu es la meilleure tireuse de l'équipe ça ne fait aucun doute et la meilleure tireuse que j'ai jamais vu d'ailleurs. Tu as mérité ton dîner. - Je ne te le fais pas dire ! - Un midi ou un soir. Je réponds immédiatement - Un soir ! - Samedi soir ? - Je vais demander à Shannon la maman de Bridget la copine de Vicky si elle peut la prendre à dormir. - Ok - Je te redis ça demain. - Ok. Et ton homme tu vas lui dire quoi ? - Je n'ai pas d'homme Darren. - Ah ! Ben j'avais cru ! Il semblerait que ma réponse donne un semblant d'espoir à Darren. Il se dit que je me suis enfin décidée à quitter l'ordure qui me tapait dessus. En effet, ce jour-là, je ne semblais pas avoir de marque de coup. Je pense qu'il espère vraiment que j'ai quitté mon homme. A suivre
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