Alors je dis à votre père tout ce que la fureur pouvait m’inspirer. Puisque tu m’as abandonné sur ce rivage, lui disais-je, que ne m’y laisses-tu en paix ? Va chercher la gloire des combats et tous les plaisirs ; jouis de ton bonheur avec les Atrides : laisse-moi ma misère et ma douleur. Pourquoi m’enlever ? Je ne suis plus rien ; je suis déjà mort. Pourquoi ne crois-tu pas encore aujourd’hui, comme tu le croyais autrefois, que je ne saurais partir ; que mes cris et l’infection de ma plaie troubleraient les sacrifices ? Ô Ulysse, auteur de mes maux, que les dieux puissent te… ! Mais les dieux ne m’écoutent point ; au contraire, ils excitent mon ennemi. Ô terre de ma patrie, que je ne reverrai jamais !… Ô dieux, s’il en reste encore quelqu’un d’assez juste pour avoir pitié de moi, punissez,


