À ces dures paroles, Nabopharsan se jetait le visage contre terre, arrachant ses cheveux dans un excès de rage et de désespoir. Mais Charon disait aux esclaves : Tirez-le par sa chaîne ; relevez-le malgré lui : il n’aura pas même la consolation de cacher sa honte ; il faut que toutes les ombres du Styx en soient témoins, pour justifier les dieux, qui ont souffert si longtemps que cet impie régnât sur la terre. Ce n’est encore là, ô Babylonien, que le commencement de tes douleurs ; prépare-toi à être jugé par l’inflexible Minos, juge des enfers. Pendant ce discours du terrible Charon, la barque touchait déjà le rivage de l’empire de Pluton : toutes les ombres accouraient pour considérer cet homme vivant qui paraissait au milieu de ces morts dans la barque : mais, dans le moment où Télémaqu


