ILes souvenirs flottent dans une atmosphère de fable. Une nostalgie aussi charmante que ce soir de septembre m’emporte « dans la nuit éternelle, à travers l’étendue morte », jusqu’à cette étoile rouge où j’ai vécu plusieurs saisons. Au ras de l’occident, une lueur timide s’accroît et monte vers les astres. Compagne minuscule de la Terre, la lune surgit, couleur de cuivre, immense, dix fois plus haute que l’église Saint-Michel et qui semble tenir dans son giron tout le village de Mièvres. À mesure, elle rend invisibles des colosses perdus au fond des étendues stellaires, alors que le chétif Mars, microbe de l’Infini, est plus éclatant, d’ici, que le triple Sirius. Mon vieux jardin, avec ses arbres torses, ses herbes dures, ses fleurs sauvages, devient la lande des sorcières. L’atmosphèr


