Chapitre 10

4029 Mots
Diariatou Sow en média NDÉYE CATHY DIOP Maristes, Dakar-Sénégal Assise au milieu de ce lit, j'attendais impatiemment mon cher mari. À l'origine, notre mariage devait avoir lieu aujourd'hui, mais malheureusement, nous avons dû tout annuler. D'après ce qu'il m'a expliqué, la situation commençait à engendrer des tensions au sein de sa famille. Étant connus pour leur droiture et leur pratique rigoureuse de l'islam, il n'était pas bien vu que la belle-fille de la famille soit au centre des discussions sur les réseaux sociaux. Ma mère était très déçue, d'autant plus qu'elle avait invité tout Dakar pour la célébration. Mon père, quant à lui, n'a même pas laissé à maman le temps de gérer la situation comme elle le souhaitait ; il a demandé à mes tantes de m'emmener chez mon mari. Depuis mon arrivée, j'ai rencontré uniquement ma belle-mère Assya et mes belles-sœurs : Aisha, Oumou Kalsoum, Zeynab, ainsi que la petite sœur de Bamba, Soumaya. Elles m'ont très bien accueillie, et j'espère sincèrement que ma cohabitation avec elles se passera bien. La perspective des défis auxquels les femmes peuvent être confrontées dans les familles élargies me préoccupe un peu, même si la maison est divisée en plusieurs appartements. Néanmoins, ils se retrouvent tous pour les repas, ce qui peut créer une dynamique de groupe dont je dois encore m'adapter. Le bruit de la porte de la chambre me tira de mes pensées. Je soulevai le pagne qui couvrait ma tête et vis mon mari devant moi. Je souris bêtement en croisant son regard. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai l'impression qu'il devient chaque jour de plus en plus beau, ce qui me rend encore plus folle de lui. Sans dire un mot, il s'avança et prit place en face de moi et pris mes mains Lui : Enfin ! Moi : Oui, enfin ! Nous avons finalement réussi à nous unir. Lui : Et in shaa Allah, ce sera fi dunya wal akhira (pour cette vie et pour l'au-delà). Moi : Amine. Lui : J'espère que tu ne m'en veux pas de t'avoir empêchée de célébrer ton mariage comme il se doit. Moi : Pas du tout ! À un moment, j'en avais même assez. Lui : C'est bien alors ! As-tu déjà fait tes ablutions ? S'il savait que la dernière fois que j'ai posé mon front sur le sol, c'était le dernier jour du mois de Ramadan, il risquerait de me faire la leçon ce soir. Moi : Non, pourquoi ? Lui : En fait, j'aimerais que nous priions d'abord ensemble avant de faire quoi que ce soit. Moi : D'accord, je vais me préparer. Je me levai et me dirigeai vers la salle de bain, mon cœur battant un peu plus fort à l'idée de cette nouvelle étape. En entrant, je m'aperçus que le calme de la maison contrastait avec l'agitation intérieure que je ressentais. J'accomplis mes ablutions avec une précision tranquille, en essayant de me recentrer sur le moment présent. Quand je retournai dans la chambre, mon mari était déjà assis sur le tapis, un sourire serein aux lèvres. Il me fit signe de le rejoindre. Il commença la prière avec une voix douce et concentrée, et je le rejoignis dans le mouvement des rak'ahs. Chaque mouvement était empreint de gravité et de dévotion, nous guidant vers une connexion plus profonde. Après la prière, nous restâmes silencieux un moment, chacun perdu dans ses pensées. Je jetai un coup d'œil à mon mari, qui semblait également plongé dans une réflexion tranquille. Lui : Merci d'avoir accepté de prier avec moi. Cela signifie beaucoup pour moi. Moi : Je t'en prie. C'était important pour moi aussi. Cela me rappelle pourquoi nous avons choisi ce chemin ensemble. Lui : In shaa Allah, cette prière sera un signe de bénédiction pour notre vie commune. Moi : Amine. Lui : Maintenant, j'aimerais connaître tes attentes envers moi, dit-il en prenant mes mains dans les siennes. Moi : Je sais déjà que je ne suis pas une personne facile à vivre. Alors, je te demande de bien vouloir me comprendre et de ne pas toujours prendre mes actes à cœur. Pardonne-moi mes erreurs et, surtout, ce qui est le plus important pour moi, c'est que, même si nous nous disputons, nous ne réagissions jamais devant les autres de manière à ce qu'ils sachent que nous sommes en froid. Lui : D'accord, je comprends. Je ferai de mon mieux pour respecter cela. Moi : Et quant à moi, qu'attends-tu de ma part ? Lui : Je veux que tu sois mon refuge, ma "safe place". Peu importe les difficultés que je rencontre à l'hôpital, j'aimerais chaque jour être impatient de rentrer auprès de toi pour trouver réconfort et tranquillité. Moi : Je ferai tout pour ne jamais te décevoir. Lui : Je n'en doute pas. Ensemble, nous pourrons surmonter toutes les épreuves. Nous restâmes là, les mains entrelacées, un sourire sincère éclairant nos visages. Les mots échangés étaient le début d'un engagement profond, un pacte tacite de soutien et de compréhension mutuelle. Nous étions prêts à affronter l'avenir ensemble, main dans la main, avec la certitude que notre union était bâtie sur une base solide de respect et d'amour. Après avoir formulé quelques prières pour moi, il se leva. Je me dirigeai vers la salle de bain pour changer ma robe contre une nuisette simple et élégante. Étant notre première nuit ensemble, je ne voulais pas en faire trop. À ma sortie, je le trouvai assis, à moitié allongé sur le lit, son téléphone en main. Lorsqu'il me vit, il le posa avec un sourire chaleureux. Son regard se fit tendre, comme s'il essayait de capturer chaque détail de ce moment spécial. Lui : Tu es ravissante. Moi : Merci. Je voulais que ce soit simple et confortable pour cette première nuit. Il me fit signe de venir m'asseoir sur lui, ce que je fis avec empressement. Dès que je m'installai, je l'embrassai tendrement. Depuis tout le temps que nous étions ensemble, nous n'avions jamais dépassé les bises sur la joue. Ce b****r était un nouveau territoire pour nous, et ce que je ressentis ce soir-là était incomparable à tout ce que j'avais vécu auparavant. Le contact de ses lèvres contre les miennes était doux et chaleureux, comme une promesse silencieuse de complicité et d'amour. Chaque instant semblait suspendu, et l'intensité de ce b****r révélait un monde de sentiments que nous avions longtemps attendu de partager. Je sentis un frisson de bonheur parcourir tout mon être. Nous restâmes là, enlacés, savourant la chaleur et la tranquillité de notre première nuit ensemble, prêts à écrire les premiers chapitres de notre vie de couple avec une promesse silencieuse de toujours chérir ces moments partagés. ... Le lendemain matin, des caresses douces sur ma joue me tirèrent des bras de Morphée. J'ouvris lentement les yeux et découvris mon mari, vêtu d'un qamis, qui m'offrait un sourire chaleureux. Lui : Ça va ? Moi : Hmm... Lui : Tu n'as pas trop mal ? Moi : Pas vraiment. Où vas-tu ? Quelle heure est-il ? Lui : Il est 5 heures. Je vais à la mosquée. Seras-tu capable de te lever pour prendre un bain ? Moi : Oui, oui ! Ça ira. Lui : Très bien alors, dit-il en me donnant un b****r sur le front. Je suis si fier de toi. Merci de t'être préservée. Moi : C'est la moindre des choses que je pouvais faire. Lui : Je te revaudrai cela au centuple. Bon, je vais devoir y aller. Moi : D'accord ! À tout à l'heure. J'avais une flemme incroyable de me lever et un sommeil pesant, mais je savais que si je m'aventurais à me recoucher et que mon mari découvrait que je n'avais pas prié, il m'en voudrait, c'était certain. Finalement, c'est avec une grande difficulté que je parvins à rejoindre les toilettes. Après un bon bain qui me réveilla doucement, j'effectuai mes grandes ablutions avec soin. Une fois prête, je me rendis à la prière, essayant de rester concentrée malgré la fatigue. Lorsque je terminai, un profond sentiment de soulagement m'envahit. C'était la première fois que je ressentais une telle sérénité, c'était presque incroyable. Cette paix intérieure me surprenait, et je me sentais incroyablement apaisée. Je me glissai alors dans le lit, épuisée mais satisfaite d'avoir accompli mes devoirs du matin. En m'allongeant et me blottissant sous les couvertures, je fermai les yeux, heureuse de pouvoir enfin me reposer. Cette fois-ci, ce sont des frappes insistantes sur la porte qui me réveillèrent en sursaut. En jetant un coup d'œil à l'alarme posée sur le chevet, je vis qu'il était 13h. Comment avais-je pu dormir si tard ? Et pourquoi Bamba ne m'avait-il pas réveillée ? Je me précipitai pour ouvrir la porte lorsque la personne frappa une seconde fois. À ma grande surprise, je découvris Alyssa. Avant même que je n'aie eu le temps de réagir, elle me poussa légèrement pour entrer et referma la porte derrière elle. Moi : Mais que fais-tu ici ? Elle : C'est ta maman qui m'a appelée pour que que je vienne vérifier comment allait sa petite fille , surtout après une nuit difficile. Moi : Je peux tout expliquer. Elle : Expliquer quoi ? Je t'avais bien mise en garde, mais tu ne m'as pas écoutée ! Le jour où cette vérité éclatera, tu te mordras les doigts, car dans un mariage, la confiance est la base de tout. Sans elle, le couple ne pourra pas tenir. Moi : Je sais ! Alyssa : Non, tu n'en sais absolument rien. Si tu le savais vraiment, tu n'aurais jamais agi ainsi en connaissant les conséquences possibles. Fais tout ce qui est en ton pouvoir pour que cela ne se sache jamais, sinon les conséquences seront très graves. Moi : Je comprends que tu sois inquiète, et je ferai tout ce qu'il faut pour éviter que cela ne s'ébruite. Alyssa : c'est mieux pour toi ! Parce que khamal ni keur guou makk ngua neikk y'a beaucoup de chose que tu devras éviter si tu veux que ton mariage aboutisse Moi: je sais! Je ferai attention Elle: Bon, je vais devoir y aller car j'ai une réunion dans trente minutes. Moi : Ah, c'est super. Tu as déjà commencé à travailler à l'entreprise ? Alyssa : Oui, ce matin. Au fait, je t'ai apporté une soupe de la part de maman. Je l'ai laissée sur la table du salon. Moi : Merci, c'est vraiment gentil de ta part. Alyssa : Je t'en prie. On se capte après pour voir comment ça se passe. Moi : D'accord, à plus tard. Bye. Je ne savais plus où me mettre. Alyssa avait tellement raison. La fierté de Bamba d'apprendre que je m'étais préservée était palpable, et je savais que si jamais il découvrait que tout cela n'était qu'un mensonge, il ne pourrait jamais me le pardonner. La pensée de voir sa déception et sa douleur me serrait le cœur. Fatiguée de me tourmenter avec mes pensées, je décidai de prendre une douche pour me détendre. Après m'être lavée, je mis une robe longue à fleurs, attachai mes cheveux en queue de cheval, ajoutai une touche de maquillage, puis allai saluer ma belle-mère. Je la trouvai dans le salon en train de regarder les informations. Moi : As salam alaykum, maman. Elle : Ah, ma fille, comment vas-tu ? Tu es réveillée ? Moi : Oui, oui ! Je suis vraiment désolée ! Je n'ai même pas vu l'heure. Elle : Non... Non wou lane? Bane djiguene moo warr di nelaw beu 13h Tei seu morom yeup diougue depuis 08h pour toppato sen dieukeur? (« Non, quoi ? Pensez-vous qu'une femme devrait dormir jusqu'à 13 heures alors que vos semblables sont debout depuis 8 heures pour aider leur mari ? ») lança une voix derrière moi. Je me retournai et fis face à une vieille dame. Ça devait être sa grand-mère. Ma belle-sœur, Soumaya, m'avait mise en garde contre elle lorsqu'elle était venue me voir hier. Elle n'avait pas pu me dire grand-chose sur elle, car sa mère l'en avait empêchée. Mais elle ne me fait pas du tout peur ; je sais bien comment gérer des personnes comme elle. Moi : Je sais, j'étais juste un peu fatiguée. Elle : Fatiguée ? Qu'est-ce qui pourrait te fatiguer ? Ce n'est pas comme si tu étais une personne vertueuse ! Maman : Ayy yaye ! Elle : Hei, tais-toi ! Je ne parle pas avec toi ! Je sais bien reconnaître des filles comme elle ! Je suis sûre que tout Dakar te connaît déjà ! Alors ne viens pas jouer à la sainte nitouche devant moi. Moi : Je suis désolée, madame ! Cela ne se reproduira plus. Je suis moi-même surprise de mon calme depuis que j'ai franchi les portes de cette maison. Je vais essayer de me contrôler, car beaucoup pensent que je ne tiendrai pas longtemps ici. Cependant, je ne me laisserai pas faire, car ma patience a des limites. Elle : bouma wakhati ngua tchiy tekk batt! Nala wakh leine moi lerr seu bopp bi (Ne me réponds pas ! Je vais te dire une chose bien claire) : dans cette maison, il y a une seule et unique personne qui est la femme de Bamba, et c'est Absatou Faye. Alors, sache que tu n'es qu'une passagère ici. dit-elle avant de partir. De quoi parle-t-elle ? Et qui est cette Absatou ? Ne l'écoute surtout pas ! Elle raconte n'importe quoi, dit ma belle-mère. Moi : Non, ce n'est rien. Elle : As-tu déjà pris ton petit déjeuner ? Si ce n'est pas le cas, le repas est presque prêt. Moi : Ah, d'accord ! Donc je peux attendre. Elle : Au fait, il y a une tradition dans cette maison. La belle-fille doit choisir un jour où elle invite toute la famille à un déjeuner qu'elle aura préparé elle-même. Cependant, elle peut se faire aider par ses belles-sœurs. Je hochai la tête en signe de compréhension, même si je sentais une légère pression monter en moi. Cuisiner pour toute la famille, c'était une responsabilité que je n'avais pas anticipée, surtout dans une maison où tout semblait déjà si compliqué. Moi : Très bien, je m'en occuperai. Après avoir discuté un peu plus, elle m'expliqua que je pouvais choisir n'importe quel jour pour organiser le déjeuner, mais que je devais informer la famille à l'avance. Elle insista sur l'importance de bien choisir le menu, car c'était l'occasion de montrer mes talents culinaires et de me faire accepter dans la famille. Quand elle partit, je me retrouvai seule dans le salon. Mes pensées revenaient à cette Absatou Faye. Était-elle une ancienne copine de Bamba dont il ne m'avait jamais parlé , ou quelqu'un d'autre que je ne connaissais pas encore ? Ce nom semblait lourd de sens, comme une ombre qui planait sur cette maison. Je décidai de ne pas trop m'en soucier pour le moment, mais je savais que je devrais en savoir plus bientôt. DIARIATOU SOW Yeumbeul, Dakar-Sénégal Couchée sur ce matelas à même le sol, je fixais le plafond, qui, à l'origine peint en blanc, avait changé de couleur en virant au vert à cause de l'eau de pluie. Il était évident que le toit ne tenait plus, et je craignais qu'un jour elle ne s'effondre sur nous. Malheureusement, nous n'avons pas les moyens de la refaire. Depuis la mort de ma mère, j'ai perdu le goût de vivre. Je ne travaille plus et je n'ai même plus la force de sortir dans la cour. Ma mère était ma raison de vivre, la seule personne que j'ai vraiment connue, ayant grandi sans père. Mon père, militaire, a été tué alors que ma mère était enceinte de sept mois. Cette femme courageuse a joué le rôle de père et de mère pour moi. Le cancer a fini par la terrasser après deux ans de lutte acharnée. Elle est morte dans mes bras, juste devant l'entrée de l'hôpital, car nous avions été chassées faute de moyens pour payer les frais médicaux. L'argent que j'avais emprunté était épuisé, et quand je voulais faire appel à mon patron Khalil, elle m'a dit : « Diariatou, bayima meu ma dem noppalou dji parce que fim nekk ni yeine bi diss naa lol sama dome sonou naa tmt wayei ioe itam sonou ngua. Deinkk nala yallah. » C'étaient les derniers mots qu'elle avait prononcés, et ils resteront à jamais gravés dans ma mémoire. Les larmes commencèrent à couler rien qu'en pensant à tout cela. Je n'ai pas pu aller jusqu'au bout. Je suis certaine que si j'avais été à sa place, ma mère aurait tout fait pour me sauver, peu importe le coût. Mais malheureusement, les choses ont pris une tournure que je ne pouvais pas changer. La porte d'entrée s'ouvrit brusquement, me faisant sursauter et me lever du lit. Face à moi se tenait Souleyman, bouillonnant de colère. Avant même que je puisse ouvrir la bouche, il m'attrapa par le cou avec une force surprenante. Je tentai désespérément de retirer ses mains, mes efforts paraissant dérisoires face à sa force. Je commençais à étouffer, et l'angoisse grandissait en moi alors que je pensais que je pouvais mourir ici, maintenant. Puis, tout à coup, il relâcha son emprise. Je tombai au sol, toussant violemment, les larmes coulant à flots sur mon visage. La douleur dans ma gorge était intense, et je me sentais épuisée, terrifiée. Mes yeux se remplissaient de larmes, non seulement à cause de la douleur physique, mais aussi à cause de la peur et de la confusion. Je regardai Souleyman, son visage exprimant une colère incontrôlable Lui : Une semaine ! Je t'avais donné une semaine pour me rembourser mon argent, sinon j'allais devoir prendre des mesures extrêmes. Tu pensais vraiment que je rigolais ? Moi : je... je suis vraiment désolée ! Je ne savais pas... Lui : Arrête avec tes excuses ! Je veux mon argent aujourd'hui. Sinon, cette fois-ci, il y aura des conséquences graves ! Moi : Par pitié... je ne peux pas réunir cette somme d'ici ce soir. Lui : je m'en fiche complètement ! Si tu n'as pas l'argent d'ici ce soir, je te promets que cela aura des répercussions sur toi, ta tante et ses enfants ! Moi : Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour rassembler la somme. Laisse-moi encore un peu de temps. Je te promets que je vais essayer de tout faire pour trouver une solution. Lui : Tu as jusqu'à ce soir. Ne te fais pas d'illusions, je suis sérieux. Sinon je te jure que je vous tuerai toutes Il me lança un dernier regard furieux avant de quitter la pièce, me laissant tremblante, terrifiée, et presque paralysée par l'angoisse. Les paroles menaçantes résonnaient dans ma tête, et je savais que je devais agir vite pour protéger ma famille et éviter une catastrophe. Ma tante entra dans la pièce après que Souleyman soit parti. Elle: diariatou sen wakhtane bi yeup deiguena ko bou yabo nakk ngua deff lo meune ak lo meunoul pour fay ki khalissam Moi: je..sniff..ou est-ce que je serai capable de trouver deux millions d'ici ce soir? Elle: louma tchi kham! bingua koy abb dangua meu taguou? Do dougual seu bopp beu parei beugue ma tchi bolei! tayy fo diarr ngua loukati khalissou diambour bi. Dit-elle en sortant sans me laisser la peine de repliquer Je pris mon téléphone et composai le numéro de Khalil. Il décrocha dès la première sonnerie. Depuis l'incident à la plage, j'avais évité ses appels et ses messages. Khalil : Allô, Diariatou ? C'est toi ? Moi : Oui, Khalil, c'est moi. Je suis vraiment désolée de t'appeler comme ça, mais j'ai besoin de ton aide. Khalil : Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi ne répondais-tu plus à mes appels ? Moi : Je... je ne savais pas comment te parler après ce qui s'est passé à la plage. J'ai honte, et je n'ai pas voulu te déranger avec mes problèmes. Mais maintenant, je suis dans une situation critique. J'ai un créancier qui exige une somme énorme d'ici ce soir, sinon il va mettre ma famille en danger. Je ne sais pas comment faire pour trouver cet argent, et je ne sais plus à qui me tourner. Khalil : Attends, respire un peu. Quelle somme dois-tu réunir ? Moi : Deux millions. Je sais que c'est énorme, mais je n'ai vraiment pas le choix. Je dois les trouver avant ce soir, sinon il a promis des conséquences terribles. Khalil : ne t'en fait pas je vais voir ce que je peux faire. Donne-moi un peu de temps pour vérifier mes options. En attendant, essaye de te calmer et de ne pas paniquer. Je te tiens au courant dès que j'ai une réponse. Moi : Merci, Khalil. Je te suis vraiment reconnaissante. J'attendrai ton appel. Khalil : Pas de souci. Tout se passera bien Je raccrochai, un mélange de soulagement et de nervosité m'envahissant. Je savais que la situation était toujours aussi grave, mais avoir quelqu'un pour m'aider me donnait un peu d'espoir. J'espérais de tout cœur que Khalil pourrait trouver une solution rapide. Une heure plus tard, mon téléphone sonna. c'était Khalil. Il me demanda de sortir, précisant qu'il était devant la maison. Je le trouvai dans sa voiture Moi : Salut, ça va ? Dis-je en m'installant sur la siege passagère Lui : C'est à toi que je devrais poser cette question ! Tu as l'air épuisée. Moi : Non, ça va. Il me regarda un moment, scrutant mon visage avec une expression de préoccupation, avant de sortir un chèque de sa poche. Lui : Prends ça. Tu pourras payer ta dette avec. Je le regardai, surprise et touchée par son geste. Moi : Khalil... je... je ne saurais comment te remercier. Lui : En acceptant que je fasse de toi mon épouse, peut-être. Les mots restèrent suspendus dans l'air. Je sentis mon cœur s'accélérer, pris de court par cette proposition inattendue. Moi : Je... Lui : Accepte de m'épouser, Diariatou. Ces derniers jours, j'ai vraiment bien réfléchi à notre relation, mais je ne peux plus attendre pour faire de toi ma femme. Je restai silencieuse, le cœur battant, incapable de répondre. Khalil me regardait, attendant une réponse, mais je ne savais pas quoi dire. Ses paroles tournaient en boucle dans ma tête, me laissant déconcertée. Lui : Diariatou, je sais que c'est soudain, mais je t'assure que j'ai longuement réfléchi à ce que je ressens pour toi. Je veux construire quelque chose de solide, de durable. Je veux que tu sois ma femme, partager ma vie avec toi. Je baissai les yeux, jouant nerveusement avec mes doigts. Khalil était tout ce qu'une femme pouvait espérer : attentionné, protecteur, et prêt à faire n'importe quoi pour moi. Mais accepter sa proposition signifiait franchir un cap que je n'étais pas certaine de pouvoir surmonter. Moi : Khalil, je... je ne sais pas quoi dire. Tu as été tellement bon avec moi, mais... Lui : Mais quoi, Diariatou ? Si c'est à cause de ta situation, ce n'est pas un problème pour moi. Je suis prêt à t'épauler, à te soutenir. Ensemble, on pourra tout affronter. Ses mots étaient pleins de promesses, de certitudes. Mais pouvais-je vraiment l'accepter ? Était-ce juste envers lui si mes sentiments n'étaient pas aussi clairs que les siens ? Et en plus de ça, j'avais fait ma promesse à l'autre mais ça fait aussi si longtemps que je n'ai plus de ses nouvelles. Moi : Je te suis tellement reconnaissante pour tout ce que tu fais pour moi, Khalil. Mais le mariage, c'est... c'est un engagement si sérieux. Lui : Je le sais, et c'est pourquoi je veux que ce soit toi. Je ne te demande pas de répondre tout de suite, mais réfléchis-y, d'accord ? Je hochai la tête, incapable de prononcer un mot de plus. Khalil me regarda avec une douceur infinie, puis il posa délicatement sa main sur la mienne. Lui : Prends ton temps. Je serai toujours là, quoi que tu décides.
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