IVSortant d’un engourdissement fiévreux, Aurore se redressa un peu et regarda par la portière dont la vitre baissée laissait entrer un air pur, d’une fraîcheur délicieuse, que parfumaient des arômes balsamiques. La voiture roulait sur une route étroite, dans un paysage de montagne. Les sapins et les mélèzes couvraient le flanc des combes dans la profondeur desquelles cascadaient les ruisseaux gonflés par la fonte des neiges. À un tournant du chemin parut un village qui semblait penché vers l’abîme. Puis il disparut à un autre détour. Aurore pensa : « C’est sans doute Bonnières. » Bonnières était le village le plus proche de Montaubert, ainsi que le lui avait appris Carloman. Elle serait donc bientôt dans cette demeure qui allait devenir la sienne. Un frisson la secoua. Depuis son dépar


