28Je ne sais pas combien de soupirs j’ai lâché depuis la fin de mon coma. Anéanti. Plus les jours s’écoulent et plus mon quotidien me paraît terne, morne. Je n’ai plus goût à rien. Juliette passe matin et soir. Mes parents débarquent chaque après-midi et j’emploie mon temps à me faire tripoter par une b***e d’infirmières sans cervelle. Morose, je reste silencieux. Je parle à peine, les yeux dans le vide. Je ne veux voir personne. Ma joie de vivre m’a lâché, elle aussi. Ce matin, appliquées à faire de moi un enfant autonome, Suzanne et Déborah, tentent de m’aider à me lever. Une chose des plus difficiles lorsque son corps n’a pas bougé depuis environ deux mois. En fait, je dois tout réapprendre. Passer du bambin à l’enfant, puis de l’enfant à l’adolescent. Depuis peu, j’arrive à t


