32Une journée pluvieuse. Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. L’esprit torturé, mon cerveau a carburé au maximum pour trouver le fâcheux complot qui m’accable. J’ai bien essayé d’être raisonnable, mais c’est impossible. Je ne peux pas croire que toutes ses preuves soient le simple fruit de mon imagination. Admettons que cette nuit, je ne sois pas sorti et que je me sois juste endormi. J’ai bien vu le réveil posé sur ma table de chevet à l’hôpital. Suzanne, Claude et Joëlle existent. Ma sœur a prononcé le prénom de Marie. Je ne peux pas devenir fou à ce point. Ou peut-être que si. C’est insupportable. — Tu n’as pas froid le carreau grand ouvert ? demande Juliette, trifouillant sur les boutons du tableau de bord. Au beau milieu de l’autoroute, au volant de mon bolide, nous traversons l


