8Les nuits sont calmes dans l’hôpital. La journée, les allées et venues dans le couloir près de ma chambre sont incessantes, le soir, elles se font plus rares. Ce sont mes seuls moments de répit, d’apaisement. Les seuls instants qui me prouvent que je suis encore en vie sont ceux où résonnent les bruits des machines dans mes oreilles. Si on peut appeler ça ainsi. J’ai toujours aussi peur de me mettre à rêver, de me souvenir. Le dernier flash-back en date est mon jugement vis-à-vis de la sexualité de mon frère. J’étais en pleine peau, prêt à affronter le monde, les pieds sur le sol, mon corps au top de sa forme. Rien à voir avec aujourd’hui. — Bon sang de bonsoir ! Quentin, mate un peu cette chambre de folie. Voilà, la nuit vient de prendre fin. — La vache, Nico ! C’est plus grand que


