11Je me souviens de cette délicieuse odeur. Un merveilleux effluve de nourritures chaudes. À s’en lécher les babines. Ce soir, mon père est encore aux abonnés absents. Soan, Astrid et moi sommes tous les trois assis autour de la table, attendant que ma mère serve son dîner. — Voilà mes chéris, c’est prêt. Les mains pleines, maman débarque dans la salle à manger. Je me lève pour l’aider tandis que mon frère et ma sœur ne bougent pas d’un poil. Soan a les yeux rivés sur son téléphone portable. Astrid, le regard dans le vide, un bras soutenant sa lourde tête. — Merci, Maxime, dit ma mère en prenant la place libre. — Il n’y a pas de quoi. Mon frère me lance un regard de travers et je souris, espiègle. — Soan, sers-toi, mon cœur, dit ma mère, consciente des tensions qui règnent entre


