Chapitre 6.

1430 Mots
LIORA Je me cogne contre les casiers, le choc me faisant perdre l'équilibre et je tombe au sol. La douleur de ma chute est bien moins forte que celle des mots qu'il vient de prononcer. Je me sens humiliée, abattue, comme si le monde entier se moquait de moi à cet instant. Mes yeux se remplissent de larmes, mais je refuse de les laisser couler. Il me regarde un instant, et je vois une lueur de quelque chose dans son regard, mais il détourne les yeux et s'éloigne avec son pote, riant de, je ne sais quoi. Je reste là, au sol, le cœur lourd et la douleur pulsant à ma joue. Pourquoi est-ce que ça fait si mal ? Pourquoi est-ce que je me sens si perdue ? Je soupire, rassemblant mes forces pour me relever. Je ne peux pas le laisser gagner. Je ne peux pas lui donner le pouvoir de me détruire. Je me redresse lentement, prenant une profonde inspiration. Peu importe ce qu'il pense ou ce qu'il dit, je suis plus forte que ça. Je vais continuer à avancer, peu importe ce que cela coûte. Aujourd'hui, je suis tombée, mais je me relèverai. Je me redresse lentement, prenant une profonde inspiration pour chasser la douleur de ma joue et la brûlure de l'humiliation. Je ne peux pas rester ici, au même endroit où Dorian m'a abandonnée, je ne peux pas lui donner cette victoire. Alors, d'un pas hésitant, je m'éloigne des casiers et me dirige vers les toilettes des filles. En entrant, je suis accueillie par la lumière crue des néons, et l'odeur de désinfectant me prend à la gorge. Je me dirige vers le lavabo, mon reflet dans le miroir me renvoyant une image que je ne reconnais presque pas. Ma joue est rouge, et le bleu commence à se former, un souvenir tangible de la cruauté que j'ai subie. Je me déteste de laisser ses mots me toucher, mais je ne peux pas m'empêcher de me sentir faible. Alors que je plonge mon visage dans l'eau fraîche pour apaiser ma douleur, j'entends des rires s'élever de l'extérieur. Je tourne la tête pour voir des filles entrer dans les toilettes. Je les connais, ce sont celles qui ont toujours affiché un air de supériorité, celles qui se moquent des autres sans le moindre scrupule. Je tente de me faire petite, mais elles m'ont déjà remarquée. - Regardez qui est là ! La petite bouboule ! l'une d'elles s'exclame avec un sourire moqueur. C'est Amélie, la chef de ce groupe. Je déglutis, mon cœur s'accélère alors qu'elles commencent à s'approcher de moi. - Tu t'es fait mal, Liora ? demande une autre, son ton plein de fausse sympathie. Je me redresse, tentant de prendre confiance, mais je sens déjà ma détermination faiblir. - Laissez-moi tranquille, murmuré-je, ma voix à peine audible. - Oh, mais on s'inquiète pour toi ! dit Amélie, un sourire carnassier sur le visage. On ne veut pas que tu te blesses en tombant encore. Les autres rient, et je me sens sombrer dans un océan de honte. Je voudrais fuir, mais je suis coincée ici, entre le lavabo et ces filles qui se délectent de ma détresse. - Regarde cette joue ! On dirait que Dorian t'a bien mise à terre, dit l'une d'elles, et je sens la colère monter en moi. Je me tourne pour partir, mais Amélie me bloque le chemin, un sourire provocateur sur le visage. - Quoi ? Tu es si fière de ta petite chute que tu ne veux même pas nous en parler ? Je tente de l'ignorer, mais elle se rapproche, la menace dans son regard. - Je te conseille d'être prudente, Liora. On ne veut pas que tu te ridiculises encore plus. Son ton est perçu comme un avertissement, et avant que je puisse réagir, elle me pousse brutalement. Je perds l'équilibre et ma tête heurte violemment le mur. La douleur est immédiate, un choc qui m'ébranle. Je tombe au sol, la vision troublée, le monde qui tourne autour de moi. - Regarde-la, elle est vraiment pathétique, dit une autre fille, tandis qu'Amélie éclate de rire. Mes larmes commencent à couler, mais je les essuie d'un geste rageur. Je refuse de leur donner ce plaisir. Je me redresse lentement, ma tête tourne, mais je ne peux pas me laisser abattre. Je suis plus forte que ça, je le sais. - Laissez-moi tranquille, murmuré-je de nouveau, mais ma voix tremble, et je sais qu'elles ne vont pas m'épargner. Amélie s'approche de moi, un sourire satisfait sur le visage. Elle se penche, se moquant de moi à voix basse. - Tu penses vraiment que tu peux te défendre ? Regarde où ça t'a menée. Je sens le feu de la colère commencer à grimper en moi. Je ne suis pas celle qu'elles pensent. Je ne suis pas une proie facile. Je me redresse avec difficulté, le regard fixé sur Amélie. - Je ne vais pas me laisser faire, dis-je d'une voix plus forte, malgré la peur qui me tord le ventre. À cet instant, quelque chose dans ma posture change. Je sens une force intérieure émerger, même si mes jambes tremblent encore. Je les fixe droits dans les yeux, défiant leur intimidation. - Tu ferais mieux de réfléchir à deux fois avant de t'en prendre à moi. Amélie semble surprise par ma réponse, et ses amies échangent des regards. Peut-être qu'elles ne s'attendaient pas à ce que je me défende. J'en profite pour les pousser hors de mon chemin et sortir des toilettes, mon cœur battant la chamade. Je sors, la douleur à ma joue oubliée pour l'instant, alors que je me dirige vers la sortie, déterminée à ne plus laisser quiconque me rabaisser. Une fois sortie des toilettes, l'air frais du couloir me frappe comme une onde de choc. Je respire profondément, essayant de chasser l'humiliation et la colère qui bouillonnent encore en moi. Mes yeux se posent sur le hall presque désert. Les rires et les chuchotements des autres élèves semblent lointains, comme si j'étais dans une bulle, isolée du reste du monde. Je me dirige vers le coin du couloir où se trouve un banc, m'asseyant avec un soupir lourd. Mes pensées tourbillonnent. Pourquoi est-ce que je me laisse abattre par des gens comme Amélie ? Qu'est-ce qui leur donne le droit de me traiter comme ça ? Alors que je réfléchis, je sers les poings sur mes genoux, ma détermination renaissant peu à peu. Il n'y a pas longtemps, j'aurais voulu pleurer, me cacher, fuir cette réalité. Mais aujourd'hui, quelque chose en moi a changé. J'ai été humiliée et blessée, mais je ne vais pas laisser ces expériences me définir. Je vais me relever, plus forte. Je me lève, cherchant à rassembler mes pensées et mon courage. Je ne peux pas rester ici, à ruminer ce qui vient de se passer. Je prends une profonde inspiration et me dirige vers mon prochain cours. Le reste de la semaine ressemble à tous les jours que j'ai eu jusqu'ici. Chaque matin, je redoute d'entrer dans ce couloir où les moqueries, les insultes et les bousculades sont devenues mon quotidien. Les rires acerbes résonnent dans ma tête comme un écho désagréable. Les mots, tranchants comme des lames, me poursuivent dans chaque coin de l'école. Je fais de mon mieux pour ignorer les regards dédaigneux et les chuchotements malveillants, mais c'est un combat épuisant. Heureusement, nous sommes vendredi ! La promesse de deux jours de tranquillité me remplit de soulagement. Je peux enfin respirer, m’éloigner de la cruauté de mes camarades, même si ce n’est que pour un temps. Ce soir, je reprends du service au "Nichon d'or". Ce lieu est mon refuge, le seul endroit où je peux être moi-même sans crainte de jugement. Être sur scène, c'est comme revêtir une seconde peau. Dans la peau de Cassie, je deviens une autre personne, libérée des chaînes de la réalité. Je me souviens de la première fois que j'ai foulé cette scène, l'excitation qui m’avait envahie. Les lumières, la musique, l'énergie du public ; tout cela me donne une force nouvelle. Danser, chanter, rire, et jouer le rôle de Cassie me permet de m'échapper, de laisser derrière moi les douleurs et les humiliations. C'est mon échappatoire, mon moyen de m'exprimer. Alors que je prépare mes affaires pour la soirée, un sourire se dessine sur mon visage. Je vais pouvoir me défouler sur scène, oublier ces insultes et me plonger dans l'univers flamboyant du "Nichon d'or". Ce soir, je serai libre, et rien ne pourra m'arrêter.
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