Précaution Et je dois ajouter que dans cet état – je veux dire l’état de l’homme qui dort – (Ne serait-ce pas vous ?) – Il ne reste guère des idées acquises qu’un petit nombre d’aspects saillants et caractéristiques qui suffisent pour les nommer, mais dont la véritable expression s’évanouit bientôt sous une foule de formes capricieuses. Ces légères superficies de l’être réel, égarées dans le vague au souffle de l’imagination, se croisent, se mêlent, se confondent, variant de couleur et d’éclat suivant le jeu bizarre du prisme éblouissant des songes. Le sommeil, aveugle tyran de la pensée, s’amuse à tromper nos impressions les plus familières, et à les déconcerter, comme un charlatan habile, par des impressions opposées. À peine ses doigts ont fait vibrer une corde harmonieuse et fantast


