Plus de peur que de mal! Les adolescents avaient décidé de garder cette mésaventure secrèt. C'était déjà le jour du réveillon. Ce réveillon là n'était pas comme les autres, mais il était spécial. Non seulement parce que les relations entre Eding et ses parents s'étaient améliorées, mais aussi parce que Muléma était présente. Muléma avait beau n'être que l'amie d'Eding mais sa présence complétait quelque peu cette famille. Même si Muléma n'était pas au courant de ce qui avait fragiliser les liens de cette famille, elle se sentait proche d'elle émotionnellement. Mais pendant qu'ils étaient tous au salon à papoter et à s'amuser, Muléma ne pouvait s'empêcher de penser à sa famille à elle. Elle ne pouvait s'empêcher de se demander si un jour, elle pourrait s'amuser ainsi avec ses parents. Est ce qu'un jour elle pourrait aussi se sentir aimer par sa famille? Cela, nul ne pouvait le savoir. Les rires et la joie dans l'atmosphère rendirent Muléma triste au point où il fallu qu'elle s'éclipse pour pleurer en paix. Non, cet atmosphère ne lui déplaisait pas, elle ne pouvait pas juste s'empêcher d'envier cette famille heureuse. Était ce de la jalousie ? non, sûrement pas, c'était juste le sentiment d'une enfant en manque d'amour.
Eding remarqua très vite l'absence prolongée de son amie, alors, elle monta dans sa chambre pour voir si tout allait bien. Quand elle arriva dans la chambre de Muléma, elle trouva celle ci assise, près de la fenêtre à regarder l'extérieur.
- la vue est magnifique n'est ce pas? les lumières embellissent bien la rue, dit Eding.
- C'est magnifique. Rétorque Muléma.
La sentant évasive, Eding tint ce discours à Muléma.
- Je sais que tes parents te manquent, ça doit être la première fois que tu es loin d'eux pendant aussi longtemps. Nous sommes ravis de t'avoir avec nous, mais si tu veux rentrer voir tes parents, ça ne pose aucun problème.
Muléma se tourna vers Eding, sourit et lui dit
- Je meurs d'envie de voir mes parents, mais j'ai peur quand rentrant, ce sentiment ne se transforme en déception. Quand je vois l'amour que tes parents te portent Eding, je vous envie. j'aurais tellement aimé que mes parents me donnent de l'amour, pas nécessaire tout l'amour du monde, juste un peu.
- Ça n'a pas toujours été la joie ici tu sais, on a traversé de rudes épreuves dans le passé, je me sentais aussi très seule et j'étais convaincu que mes parents me haïssaient. Je ne peux pas t'en dire plus mais un jour, je te ferai lire mes journaux intimes des années précédentes. Malgré tout, tout s'est arrangé et ça c'est en partie parce que je t'ai rencontré. Tout s'arrangera dans ta famille aussi, tu verras. Lui dit Eding.
Après avoir entendu ces mots de réconfort, Muléma allait mieux.
- J'aime rester ici avec vous, je rentrerai à la veille de la rentrée comme prévu. Mais d'abord, je vais écrire à ma maman. dit Muléma à Eding.
Eding répartit au salon afin de laisser son amie écrire à ses parents. Muléma se disait qu'elle va ouvrir son coeur à sa maman en lui écrivant ce message. C'était mieux d'écrire car jamais elle n'aurait le courage d'ouvrir son coeur à ses parents. Elle prit donc son téléphone et écrit ceci,
Maman, j'espère que tu vas bien et papa aussi. Ne vous inquiétez surtout pas pour moi, je m'amuse beaucoup ici. Je tenais juste à vous souhaiter la bonne année et je voulais aussi vous dire que je vous aime de tout mon cœur. J'espère qu'on aura de meilleurs rapports en cette nouvelle année. À bientôt.
Elle envoya le message et descendit au salon pour rester avec tout le monde. Vu qu'il était bientôt minuit, ils sortirent tous pour voir les feux d'artifices. C'était devenu comme une coutume de voir les feux d'artifices chaque premier janvier à minuit. Minuit sonna et de magnifiques feux d'artifices embellissaient le ciel. Muléma fit secrètement le vœu de voir sa famille un jour unie comme une vraie famille. Après cela, ils rentrèrent tous dans la maison et chacun fêtait la nouvelle année à sa manière. Jude et Muna Bille buvaient du champagne en compagnie de Simi. Les filles quand à elles s'empiffraient de sucreries. Ils veillèrent tous, en chantant, en dansant et en riant. Au petit matin, c'était le silence total car tous dormaient. Il fallait bien récupérer les heures de sommeil perdues. Ce n'est qu'aux environs de 14 heures qu'ils se réveillèrent tous. Les jours passèrent vite et il était tant pour Muléma de rentrer chez elle. Le chauffeur la ramena en compagnie d'Eding. Muléma était à la fois excitée et craintive de voir ses parents à nouveau. Une panoplie de questions trottait dans sa tête. Vont ils bien? Se sont ils languis d'elle? Son voeu se réalisera t-il? Mais les réponses à ces questions, Muléma ne les auraient que quand elle sera enfin chez elle. Ça n'a pas prit du temps et ils étaient enfin à destination. Quand la maman de Muléma vit Muléma arrivée avec Eding, elle était si heureuse de revoir sa fille, surtout qu'elle avait bonne mine. Elle accueillit les filles chaleureusement. Pour Muléma, c'était une première de voir sa mère ainsi. Cela voulait dire qu'elle lui avait beaucoup manqué, contrairement à Muléma qui pensait que sa maman ne pensait pas à elle. Son voeu s'était réalisé plus vite que prévu. Muléma, sa mère et Eding faisaient la causette comme trois copines de longues dates. Mais le bonheur de Muléma prit fin quand son père arriva ivre et qu'il se mit à lui crier dessus. Soudain, sa mère reprit cette mine triste qu'elle affichait souvent. Il criait encore et encore et demanda à Eding de s'en aller car c'était une affaire de famille. Et Eding prit la porte sans hésiter car faut avouer que cet homme lui avait foutu une sacrée frousse. Pour une fois qu'elle voyait enfin ce cher Monsieur Ibohn, il ne lui avait pas fait bonne impression. Eding comprenait enfin la tristesse dans le regard de Muléma et elle se sentait heureuse d'avoir Jude et Muna pour parents. Elle monta dans la voiture et demanda au chauffeur de démarrer. Arrivée chez elle, elle n'hésita pas à en parler à Simi, celle ci eu d'ailleurs beaucoup de compassion pour la petite Muléma.
Chez les Ibohn, c'était le chaos total, monsieur Ibohn était ivre et furieux, il n'hésitait pas à tout casser. Il était furieux contre sa fille et sa femme. D'après lui, elle n'avait pas le droit de la laisser partir passer quelques jours chez son amie bourgeoise sans même lui en parler. Il ne faisait que crier et sa femme et sa fille pleuraient tellement elles étaient effrayées. Voyant à quel point son mari effrayait sa fille, Line s'approcha de Sawa pour essayer de l'arrêter mais il la repoussa violemment et continua le m******e. Elle revint à la charge et cette fois ci, il ne la repoussa pas mais il la prit par la gorge et l'étrangla. Voyant cela, Muléma s'interposa et son père la repoussa violemment. Elle tomba et se cogna la tête contre le sol puis s'évanouit. Sawa vit que sa fille ne réagissait plus et était resté couchée. Il laissa Line et tous deux se précipitaient vers Muléma qui était alors inconsciente. Line se mit à genou prêt de sa fille et posa la tête de celle ci sur ses cuisses. Elle tapotait ses joues mais Muléma ne réagissait toujours pas. Sawa était là immobile, on aurait dit que les signes de l'ivresse avait disparu, il paraissait même lucide et pleurait.
- apporte moi vite de l'eau et sache que si quelque chose arrive à ma fille, je ne répondrais plus de rien. Dit Line à Sawa.
Sawa apporta de l'eau et Line en aspergea légèrement sur le visage de sa fille en la suppliant de se relever. Elle lui disait qu'elle est son tout et qu'elle n'aimait personne comme elle l'aime. Et soudain, Muléma ouvrit les yeux. Line embrassa sa fille si fort qu'elle l'étouffait même. Line aida sa fille à se relever et l'accompagna dans sa chambre pour qu'elle puisse se réveiller. Pendant ce temps, Sawa lui, était debout à les regarder, il se sentait tellement coupable d'avoir fait ça à sa fille. Il sortit de la maison et ne revint que quelques heures plus tard. Line se disait qu'elle avait eu plus de peur que de mal car sa fille allait bien. Elle n'a même pas pensé qu'elle devait au moins emmener sa fille voir un médecin.
Eding de son côté était inquiète pour son amie, elle voulait l'appeler pour savoir si elle allait bien mais elle se retint et se mis en tête qu'elle la verrait le lendemain à l'école pour en parler.
Le lendemain arriva très tôt et les adolescentes se retrouvèrent à l'école, puisque c'était un lundi, elles profitaient du fait qu'elles attendaient le rassemblement pour papoter un peu. Muléma raconta à Eding ce qui s'était passé entre ses parents et elle. Eding se sentait triste pour son amie et lui demanda pourquoi elle n'est pas allée voir un médecin. Mais Muléma essayait de la rassurer en lui disant qu'elle va très bien et que ce n'était pas du tout la peine d'aller à l'hôpital. Pendant qu'elles discutaient, plusieurs élèves s'approchaient d'elles pour les féliciter pour le concert qu'elles avaient donné il y'a quelques jours. Elles recevaient beaucoup de compliments et on aurait dit que tout le lycée les connaissait. Elles étaient devenues en quelques sortes comme les jours de l'équipe de football du lycée, elles étaient populaires. Le rassemblement commença et s'acheva dans de bonnes conditions et comme chaque lundi, c'est en rangs que chacun rejoignait sa classe. Déjà en classe, les causeries continuaient. Muna en profita pour dire à Eding à quel point il la trouvait jolie. Mais le bruit cessa quand le prof entra, c'était l'heure de d'études. Mais à la pause, plusieurs personnes venaient voir Eding et Muléma pour s'inscrire dans le club Music. Cette situation ne pouvait que ravire les filles. Elles avaient tellement été occupé durant la pause qu'elle n'ont même pas eu le temps de manger avant la seconde période de cours.
Les jours passèrent et le club Music prit beaucoup plus d'ampleur dans l'établissement. De plus en plus d'élèves s'y inscrivait au point où le club a été sollicité pour faire deux prestations le jours de la journée culturel du lycée. C'était de loin la première bonne nouvelle de l'année pour les filles. Elles géraient leur club avec brio. Elles avaient reçu l'inscription de plusieurs élèves talentueux musicalement parlant dans le club. Ils s'amusaient beaucoup pendant les rencontres du club. Ils chantaient, apprenaient des choses les uns des autres. Ils préparaient aussi les chants qu'ils allaient présenter le jour J. Un nouveau membre avait même rejoint le groupe "Mial", son nom était David Dibango. Il était au clavier et faisait toutes les répétitions de groupe avec Eding et Muléma. David était en classe de seconde scientifique et issu d'une famille de musiciens. Il était très vif au clavier, on aurait dit que c'était son don à lui. Donc Eding et Muléma avaient fait un programme selon lequel, leur groupe ferait leur premier concert au lycée avec David au Clavier et que le reste du Club chanterait et danserait sur le titre We are the World du collectif d'artistes américains.