Chapitre 7: partie 2

2039 Mots
Simi était tellement préoccupée et pensive qu'elle ne remarqua pas qu'ils étaient déjà arrivés à l'hôpital. Elle descendit de la voiture et le chauffeur s'en alla. Simi eu de la peine à entrer dans l'hôpital car elle était encore très bouleversée par la nouvelle qu'elle avait apprise plus tôt. Sans même se rendre compte de ce qu'elle faisait, Simi se frotta à un mur par le dos et se mis à pleurer. Elle pleurait à chaudes larmes tellement sa tristesse était grande. Elle ne savait pas comment entrer dans l'hôpital et faire face à Muléma et à Eding qui n'étaient pas au courant de ce qui se passait. Elle se ressaisit finalement après des minutes entières de pleurs. Elle essuya son visage pour effacer toutes traces de larmes. Mais voyant que ce n'était pas suffisant, elle se mouilla le visage et l'essuya de nouveau avec une pochette. Elle marcha pendant quelques minutes dans les alentours de l'hôpital pour changer sa mine. Puis,elle se décida à y entrer. Quand elle arriva devant la porte de la chambre où se trouvaient les filles, elle s'arrêta car elle entendait les filles parler. Les filles parlaient des nouvelles stratégies qu'elles devaient adopter pour pouvoir gagner plus de fond pour leur club, le club musique. Elles planifiaient comment elles organiseraient des concerts et tout plein d'activités. Mais entendre cette conversation attrista d'avantage Simi car elle savait que Muléma ne serait peut être plus là pour réaliser tous ces projets. Elle coula encore des larmes mais cette fois ci, elle tâcha de se ressaisir rapidement. Elle essuya de nouveau son visage et toqua à la porte puis entra. Les filles étaient très contentes de revoir Simi car cela faisait des heures déjà qu'elle était partie. - T'es là Simi, j'espère que tu nous a ramené de quoi manger car on a une faim de loup, dit Eding. Simi sourit. - Petites gloutonnes, vous ne pouviez pas dormir sans rien mettre sous la dent n'est ce pas! Toutes les trois éclatèrent de rire. - Mais sans blague Simi, que nous as tu ramené à manger, dit Muléma. - On va dire que vous êtes chanceuses, j'ai ramené à manger et aussi, je suis venue avec le gâteau d'anniversaire que vous m'aviez acheté. Nous célébrerons mon anniversaire ici, toutes les trois, entre filles. - Et Muna, vous l'avez déposé chez lui? reprit Eding. - Oui mademoiselle, il est sain et sauf, rétorqua Simi. J'allais oublier, les parents de Muna te passe le bonjour Muléma, ils te souhaitent aussi un bon rétablissement. Simi deballa les paquets qu'elle avait ramené avec l'aide d'Eding. Elle leur avait effectivement apporté à manger mais aussi des vêtements de rechange et tout ce qu'il faut pour la toilette. Elles mangèrent toutes les trois en rigolant. L'atmosphère était tellement détendu que Simi oublia presque la nouvelle qu'elle avait apprise plus tôt dans la journée. Eding quant à elle n'osa plus demander de quoi souffrait Muléma car elle se disait que peu importe ce que c'était, tout se règlera à l'hôpital. De son côté, Line, la mère de Muléma était sur le chemin du retour comme elle l'avait tantôt dit. Elle ne savait pas à quoi s'attendre en arrivant, elle savait juste que sa fille avait eu un malaise et qu'elle était à l'hôpital. Elle n'avait qu'une seule idée, celle de revoir sa fille. Elle ne cessait de penser à Muléma tout le trajet durant. Mais elle était loin d'imaginer que la nouvelle qu'elle apprendrait en arrivant serait celle qui chamboulera sa vie à jamais. Sawa, lui, était introuvable. Il n'était pas revenu depuis qu'il avait quitté l'hôpital, il n'avait non plus fait signe à personne. Même passer un coup de fil à Simi pour savoir comment allait déjà sa fille, il ne l'avait pas passé. Cette situation intriguait sérieusement Muléma , juste qu'elle n'osait pas le dire. Elle ne comprenait pas comment est ce que son propre père ne lui avait même pas dit au revoir en partant de l'hôpital. Pour elle, ce n'était que la confirmation de la haine que son père lui portait. Elle qui espèrait qu'il lui donne au moins une preuve d'amour ! Faut dire qu'il est facile de juger une personne qui n'expose pas ses sentiments. Sawa était ce genre de personnes là. Il était toujours impassible et nul ne pouvait même deviner ses sentiments mis à part son épouse Line. Sawa était très renfermé et ne prenait pas les choses comme la plûpart des personnes. Pendant que tout le monde se demandait où est ce qu'il était passé, Sawa, lui, érait Dans toute la ville sans aucun but précis. Il marchait comme une personne dénuée de raison et ne cessait de marmonner : " J'ai tué ma petite fille". Il marchait sans aucun but, sans aucune destination. Il marchait juste. Il était perdu, son regard était vide. Voilà donc ce qui arrivait aux personnes renfermées, elles se perdaient en elles mêmes quand elles se sentaient submergées. Tel fut le cas de Sawa. Sawa était un homme renfermé qui n'exteriorisait aucun sentiment. Joie, peine, douleur, peur, angoisse, il gardait tout pour lui. Cette manière d'être poussa même sa fille à croire qu'il ne l'aimait pas. Même un " je t'aime", il ne lui avait jamais dit. Apprendre ce qui arrivait à son unique enfant était donc un immense choc pour lui. Il en perdit la raison. Sawa se sentait coupable et se remettait en cause. Il ne savait pas en fait comment faire face au regard innocent de sa petite fille. Il ne savait pas comment faire face à sa femme. Il ne savait pas comment faire face au monde entier, il était anéanti. En marchant dans la rue ce soir-là, Sawa se disait qu'il était un raté qui n'avait même pas su comment prendre soin de sa famille. Simi, Eding et Muléma dormirent toutes les trois à l'hôpital. Ce n'était pas confortable mais ça en valait la peine, se disait Eding. Eding et Muléma se disaient qu'elles rentreraient sûrement le lendemain. Elles n'avaient aucune idée de ce qui les attendait. Au petit matin, aux environs de cinq heures, Muléma hurlait de douleur. Ses cris réveillèrent Simi et Eding. La pauvre souffrait de maux de tête insoutenables. À l'entendre crier, on ne pouvait que comprendre que sa douleur était insupportable. Simi coura chercher un médecin. Elle trouva juste les infirmiers qui étaient de garde cette nuit là. C'était la panique dans la chambre. Une infirmière arriva et injecta un calmement à Muléma qui se rendormit quelques instants plûtard. Eding était frustrée et bouleversée car ne comprenait pas ce qui arrivait à son amie. Qu'est ce avait pu créer soudainement ces horribles maux de tête? se demandait Eding. La jeune fille était confuse car il était évident que Muléma n'allait pas bien, il était même quasiment impossible qu'elle sorte d'aussitôt de l'hôpital après cela. Eding ne pouvait que pleurer, pleurer de tristesse. Simi ne pouvait que la consoler. Elle mourait d'envie de dire à Eding ce qui n'allait pas avec son amie, mais sa loyauté envers ses patrons l'en empêchait. Muna et Jude étaient déjà sûrement sur le chemin du retour car ils avaient décidé d'écourter leur séjour. Il était très important pour eux de soutenir leur fille. Ils étaient bien-sûr inquiets pour Eding car il ne savait pas comment elle réagirait à la nouvelle. Ils étaient très inquiets car ils avaient peur que leur petite ne sombre encore dans le désespoir et la dépression comme il y'a quelques années. Soudain, le téléphone de Simi sonna, c'était Line. Elle était enfin dans la ville et voulait savoir dans quel hôpital se trouvait sa fille. Muléma était en effet à l'hôpital générale de Douala. Line ne perdit pas de temps et y arriva une trentaine de minutes plûtard. Quand elle entra dans la chambre, Line couru vers sa fille et l'enlaça très fort. On pouvait voir ses larmes suinter le long de son visage. Muléma était déjà debout car les effets du calmement s'étaient déjà estompés. Néanmoins, elle avait encore de la peine à effectuer quelques mouvements car son corps était encore très détendu. Muléma ne pu s'empêcher de pleurer aussi car cette fois là, elle l'avait ressenti, elle avait ressenti tout l'amour du monde. Elle se sentait aimé et importante. Line se ressaisit. - Bonjour Eding, bonjour Simi, merci beaucoup de m'avoir prévenue. J'espère que vous vous portez bien. - Bonjour madame Ibohn, répondit Eding. - Bonjour Line, j'espère que votre voyage a été. J'aimerais qu'on sorte toutes les deux discuter si ça ne vous dérange pas. Je ne veux pas que l'on dérange Muléma en discutant. Les deux femmes sortirent de la chambre. Elles se dirigeaient dans le bureau du médecin. Simi, n'étant pas capable d'expliquer à Line la situation de sa fille, avait entrepris d'emmener Line voir le médecin. Le calme de Simi rendait Line anxieuse. Elle ne comprenait pas pourquoi celle ci ne voulait pas lui dire ce qui se passait. Elle avait le sentiment très fort que quelque chose n'allait pas. Les deux femmes entrèrent dans le bureau du médecin. Simi présenta Line au médecin. Celui ci su alors qu'il devait faire état de la situation de sa patiente une fois de plus. - Bonjour cher madame, j'espère que vous allez bien. - Enchantée docteur, je suis Line Ibohn, la mère de Muléma Ibohn, la patiente de la chambre 5. - D'accord. Votre fille a été reçu ici hier après midi suite à un malaise qu'elle avait eu dans la rue. Elle a été transporté ici par ses deux amis. Après avoir fait quelques examens et un scanner de son cerveau, nous avons constaté qu'elle avait un traumatisme crânien. La fissure dans son cerveau a donné place à un hémorragie interne. Pendant que le docteur parlait encore, Line s'effondra en larmes. Alors, il cessa de parler. Simi essayait tant bien que mal de la consoler mais en vain. Alors ils la laissèrent pleurer jusqu'à se qu'elle se calme toute seule. - Que faut il faire pour y remédier docteur ? demanda Line. - En fait madame, je suis vraiment désolé de vous le dire mais l'hémorragie a pris un tel ampleur qu'il n'ya a plus rien à faire. - Comment ça, soyez s'il vous plaît plus explicite. - Votre fille meurt à petit feu et cela est irréversible. Line resta immobile et inflexible pendant des minutes entières. Elle ne s'attendait pas à un tel choc. Le médecin demanda à Simi de sortir de la salle afin de laisser Line seule. Simi et le médecin sortirent et Line resta toute seule dans le bureau du médecin. Le médecin savait qu'elle avait besoin de rester seule afin de réaliser ce qui lui arrivait. Simi resta devant la porte pour attendre Line et pour lui apporter son soutien moral. Entre-temps, Eding avait écrit un poème pour Muléma. Vu qu'elles n'étaient que toutes les deux, elle avait l'intention de le lui lire. - Quand tu dormais tout à l'heure, je t'ai écrit un poème et j'espère que tu vas aimé, dit Eding à Muléma. - Je suis impatiente de l'entendre alors. Eding se mit donc à lire le poème. Muléma Ange au cœur pur Fille à la peau d'ébène, Au caractère dur Telle un emblème Symbole de fidélité Temple de tranquillité Fille pleine de sagesse Dénuée de toute bassesse Elle ne mérite que tout l'amour du monde. Muléma se laissa emporter par l'émotion et coula des larmes. Elle ne pleurait pas de tristesse, non, elle pleurait de joie. Elle savait qu'Eding l'aimait beaucoup mais elle n'imaginais pas que c'était à ce point. Elle ne savait pas qu'Eding l'aimait au point d'écrire un poème en son honneur. Voyant que Muléma était en larmes, Eding se mit aussi à pleurer et enlaça Muléma. Muléma se sentait très privilégiée d'avoir une amie comme Eding. Une amie qui avait loupé l'école exprès pour rester à son chevet à l'hôpital, une amie qui l'aimait telle qu'elle était, une amie qui l'aimait inconditionnellement. Muléma était très reconnaissante d'avoir connu la famille Bille. Elle savait qu'elle n'avait pas une seule famille mais deux familles qui l'aimaient. C'était grâce à cela qu'elle avait repris goût à la vie il t'a quelques mois. Si elle n'avait pas fait la connaissance d'Eding ce jour de rentrée scolaire, seul Dieu sait ce qu'elle serait devenue. Comme quoi, le hasard n'existe pas.
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