Chapitre 6: partie 2

958 Mots
Il était 19 heures et les parents n'étaient toujours pas rentrés. Nous avons donc commencé à jouer à cache cache. On s'amusait tous les trois très bien. C'était à mon tour de compter. La règle du jeu était que celui qui compte reste hors de la maison, au niveau de la porte d'entrée. Et pendant qu'il comptait, les autres devaient se cacher pour qu'il ne les retrouve pas. Puisque j'étais la plus âgée et la plus maline, je comptait jusqu'à cent sans interruption. Ça leur donnait le temps de bien chercher leurs cachette. Mais quand je finis de compter, j'entrai pour les chercher. En entrant, je constatai que la maison n'avait plus la même odeur, il y avait une forte odeur de gaz. Et ensuite, je ne me souvenais plus de ce qui s'était passé. Mais à mon réveil, j'étais à l'hôpital et ma mère était à mon chevet. En voyant mes yeux ouverts, elle s'est mise à pleurer très fort et moi, je ne comprenait rien. J'appris plûtard que la maison avait pris feu et que mon frère et ma sœur n'avaient pas survécu. Je n'avais presque rien eu car j'étais à l'entrée de la maison et que les voisins m'ont vite secouru avant que n'arrivent les pompiers. Après enquêtes, nous apprîmes que la maison avait pris feu suite à l'échappement de gaz qui avait eu lieu à la cuisine. La bouteille de gaz serait donc restée ouverte et l'un des enfants aurait allumé du feu tout prés. Du moins, on ne saura jamais ce qui s'était vraiment passé. Tout était finalement clair pour moi, l'odeur de gaz que j'avais senti était bien réel. Mes parents étaient très tristes et je me sentais coupable, coupable de ne pas avoir pu prendre soin de mes cadets. Tout était de ma faute. Mes parents m'ont donc envoyé passer une année chez ma grand mère. Moi je ne comprenais pas encore qu'ils le faisaient pour mon bien. Je me disais qu'ils me détestaient et qu'ils voulaient juste se débarrasser de moi. Quand ils m'ont récupéré une année après, ils avaient tous les deux changé. Leur entreprise avait sacrément pris de l'ampleur et nous n'étions plus pauvres. Mais leur comportement envers moi n'était plus le même. Mes parents n'étaient plus aussi affectueux qu'ils l'étaient au paravent. Donc j'ai commencé à faire tout un tas de bêtises pour attirer leur attention. Je suis devenue une vraie délinquante. -Voilà donc l'histoire de ma famille, dit Eding à Muléma. Le silence s'installa dans la pièce car nul ne savait que dire à l'autre. Muléma ne savait pas que la vie avait été aussi dure avec Eding. Elle éprouvait même de la pitié pour elle. Muléma était loin d'imaginer que la famille Bille avait perdu deux enfants. Entendre cette histoire fit que Muléma éprouve plus de respect pour la famille de son amie. - Et est ce que tu te sens toujours coupable des décès de tes frères ? demanda Muléma à Eding. Eding hésita parce qu'elle ne savait pas vraiment si elle se sentait toujours coupable. Faire ressurgir le passé ainsi l'avait en quelques sortes bouleversé. - Ne répond pas si tu ne trouves pas encore de réponse. Redit Muléma à son amie. Eding prit la parole et dit à Muléma - Si je t'ai raconté cette histoire, c'est pour que tu te sentes chanceuse d'avoir la famille que tu as. Sache qu'aucune famille n'est parfaite, même celle qui veut le faire croire. Et peu importe les problèmes que ta famille rencontre, tout finira par s'arranger tôt ou tard. C'était là un bon conseil de la part ?d'Eding. C'était impressionnant de voir à quel point elle avait mûri ces derniers mois. Son histoire et son discours avait eu beaucoup d'impact sur le jugement que Muléma avait sur elle même. Muléma ne pouvait s'empêcher de se sentir chanceuse d'avoir une telle amie. Les adolescentes s'endormirent jusqu'au matin. Elles se réveillèrent et firent la routine de tous les samedis matin. Elles firent leur lessive, mangèrent et s'amusèrent. On aurait dit des sœurs, des sœurs d'une autre mère. Après plusieurs mois d'amitié, les deux filles avaient considérablement changé. Ce n'était plus ces deux gamines malheureuses qui s'étaient connues par hasard au lycée. C'était désormais deux filles qui étaient devenues amies par choix. Elles se comprenaient et essayaient aussi de comprendre les autres. Elles étaient parmi les élèves les plus brillants du lycée et leur club avait du succès. Le regard de Muléma avait même changé. Ce n'était plus ce regard triste d'autrefois, c'était un regard vif. Et quand elle souriait, on sentait que ça venait du fond de son cœur. Jude et Muna appelaient régulièrement pour savoir comment vont les filles. Line aussi appelait rarement mais au moins, elle appelait et pour sa fille, C'était l'essentiel. Muléma ressentait enfin que sa mère l'aimait. Peut être qu'elle ne le comprenait pas avant parce qu'elle était occupée à se morfondre sur elle même. Et pour la relation entre Muna et Eding, tout allait bien. ils n'en avaient toujours parlé à personne mais ils parvenaient à se voir très souvent. Ils s'appelaient au moins douze fois par jour et Muna allait même des fois chez Eding. Il y allait en temps qu'ami et inventait tout genre d'excuses. Parfois il disait qu'il est venu pour un devoir, d'autres fois pour voir les filles répéter. Cette pauvre Simi n'y voyait que du feu. Muléma les couvrait assez bien. Elle faisait souvent mine de rester avec eux, mais quand Simi tournait le dos, elle les laissait seuls et surveillait les allées pour que personne ne les dérange. Muna et Eding s'aimaient sincèrement, d'un amour pur. Eding mourait d'envie d'en parler à sa mère et à Simi et même de leur présenter Muna. Elles l'aimeraient sûrement, pensait Eding.
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