Là, je restai jusqu’au lever du soleil, perdu dans mes pensées. La fraîcheur du matin étant venue glacer sur mon corps la sueur dont j’étais inondé, je fus paralysé ; je perdis non seulement la puissance d’agir, mais encore la volonté ; je n’entendis pas les cloches qui sonnaient les offices, je ne fis aucune attention aux religieux qui vinrent les réciter. J’étais seul dans l’univers, il n’y avait entre Dieu et moi que ce tombeau qui ne voulait ni me recevoir ni me laisser partir : image de mon existence tout entière, symbole dont j’étais vivement frappé, et dont la comparaison m’absorbait entièrement ! Quand on vint me relever, comme je ne pouvais ni remuer, ni parler, on se persuada que mon cerveau était paralysé comme le reste. On se trompa ; j’avais toute ma raison ; je ne la perdis p


