« Vois-tu, c’est une poire pour la soif, murmurait-elle en entassant les provisions pêle-mêle dans une malle, qu’elle poussait ensuite sous son lit. Si nous venions à nous fâcher avec la propriétaire, nous trouverions là de quoi aller un bout de temps... Il faudra que je monte des pots de confitures et du petit salé. – Tu es bien bonne de te cacher, répondait Trouche. À ta place, je me ferais apporter tout ça par Rose, puisque tu es la maîtresse. » Lui, s’était donné le jardin. Longtemps il avait jalousé Mouret en le voyant tailler ses arbres, sabler ses allées, arroser ses laitues ; il caressait le rêve d’avoir à son tour un coin de terre, où il bêcherait et planterait à son aise. Aussi, lorsque Mouret ne fut plus là, envahit-il le jardin avec des projets de bouleversements, de transfor


