VI-3

2039 Mots

À cette même heure, dans le bureau des sous-chefs, Roubaud commençait à sommeiller, au fond du vieux fauteuil de cuir, d’où il se levait vingt fois par nuit, les membres rompus. Jusqu’à neuf heures, il avait à recevoir et à expédier les trains du soir. Le train de marée l’occupait particulièrement : c’étaient les manœuvres, les attelages, les feuilles d’expédition à surveiller de près. Puis, lorsque l’express de Paris était arrivé et débranché, il soupait seul dans le bureau, sur un coin de table, avec un morceau de viande froide, descendu de chez lui, entre deux tranches de pain. Le dernier train, un omnibus de Rouen, entrait en gare à minuit et demi. Et les quais déserts tombaient à un grand silence, on ne laissait allumés que de rares becs de gaz, la gare entière s’endormait, dans ce fr

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