– Dis-moi, l’as-tu donc aidé à tuer le vieux ? – J’étais dans un coin, continua-t-elle sans répondre. Mon mari me séparait du président, qui occupait l’autre coin. Ils causaient ensemble des élections prochaines... Par moments, je voyais mon mari se pencher, jeter un coup d’œil au-dehors, pour s’assurer où nous étions, comme pris d’impatience... Chaque fois, je suivais son regard, je me rendais compte aussi du chemin parcouru. La nuit était pâle, les masses noires des arbres défilaient furieusement. Et toujours ce grondement des roues que jamais je n’ai entendu pareil, un affreux tumulte de voix enragées et gémissantes, des plaintes lugubres de bêtes hurlant à la mort ! À toute vitesse, le train courait... Brusquement, il y a eu des clartés, un écho répercuté du train entre les bâtiments


