Les cris s’étranglèrent, inentendus, perdus, envolés. – Sauvez-moi ! tuez-moi !... Je souffre trop, tuez-moi ! tuez-moi donc ! Dans ce tumulte assourdissant, cette fumée aveuglante, les portières des voitures restées intactes venaient de s’ouvrir, et une déroute de voyageurs se ruait au-dehors. Ils tombaient sur la voie, se ramassaient, se débattaient à coups de pied, à coups de poing. Puis, dès qu’ils sentaient la terre solide, la campagne libre devant eux, ils s’enfuyaient au galop, sautaient la haie vive, coupaient à travers champs, cédant à l’unique instinct d’être loin du danger, loin, très loin. Des femmes, des hommes, hurlant, se perdirent au fond des bois. Piétinée, ses cheveux défaits et sa robe en loques, Séverine avait fini par se dégager ; et elle ne fuyait pas, elle galopai


