* 7 * Le juge Emblin inspirait l’antipathie. Dans la salle d’audience, tous les yeux étaient fixés sur lui. Le souffle court, il épongeait ses bajoues rougies par la chaleur, le nez plongé dans la lecture du dossier. Malgré la climatisation, l’atmosphère demeurait lourde. Son index boudiné tournait lentement les pages. Il prenait son temps, indifférent à la tension qui régnait dans la salle. Les jurés échangèrent des regards interrogatifs ; les hommes de loi se contentèrent de patienter. Ils le connaissaient bien. Ces moments d’absence n’étaient pas du mépris ; c’était la marque une intense réflexion. Il était face à une décision difficile. L’accusé paraissait serein. Il faisait osciller sa chaise dans des craquements de bois sinistres, les mains croisées sur sa veste de haute couture. D


