CCXCIe nuit Sire, à ces objets si éclatants, Abou Hassan fut dans un étonnement et dans une confusion inexprimables. Il les regardait tous comme dans un songe : songe si véritable à son égard ; qu’il désirait que ce n’en fut pas un. « Bon ! disait-il en lui-même, me voilà kalife ; mais, ajoutait-il un peu après en se reprenant, il ne faut pas que je me trompe ; c’est un songe ; effet du souhait dont je m’entretenais tantôt avec mon hôte. » Et il refermait les yeux comme pour dormir. En même temps un eunuque s’approcha : « Commandeur des croyants, lui dit-il respectueusement, que votre majesté ne se rendorme pas ; il est temps qu’elle se lève pour faire sa prière ; l’aurore commence à paraître. » À ces mots, qui furent d’une grande surprise pour Abou Hassan : « Suis-je éveillé, ou si je
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