XXIII Le soldat russe est un esclave de la discipline. On commande et il obéit ; il est flegmatique comme un Allemand, et ne recule jamais d’une semelle. Le sous-officier, à qui M. de Morlux venait de dénoncer Vanda comme recherchée par la police russe, lui répondit avec calme : – Il est possible que ce que vous dites soit vrai ; mais je n’ai pas été envoyé pour cela. Mes chefs m’ont dit de venir ici chercher trois hommes pour le contingent, et non point pour arrêter madame. Mais M. de Morlux ne se tint pas pour battu. – Prenez garde ! dit-il, vous jouez gros jeu en parlant ainsi. Son accent était tellement froid, tellement calme dans sa menace qu’il émut le sous-officier. M. de Morlux continua, voyant son hésitation : – Je puis vous affirmer qu’il y a une prime de mille roubles pour


