Madame Mutel me raconta alors que le vieux diplomate, cousin-germain de notre ancienne connaissance, le terrible duc de Champmas-Mauges, qui mettait le feu aux barils de poudre, avait épousé mademoiselle Florence-Angélique de ***, sa petite-nièce à la mode de Bretagne, afin de lui donner toute sa fortune. Le prince Maxime, son frère, alors âgé d’une vingtaine d’années, s’était opposé à ce mariage. Mais la jeune fille (elle avait juste quinze ans) ne manifesta aucune espèce de répugnance. Elle aimait le vieux homme comme on aime un aïeul, et ne voyait rien dans le mariage au-delà de ce genre d’affection. Si M. le comte de Champmas-d’Argail n’eût pas eu le tort de dépasser sa quatre-vingtième année, il aurait pu se vanter, en arrivant dans l’autre monde, de l’entière fidélité de sa femme.


