Chapitre LIXMichel commençait à être pris de ce vertige qui s’empare des hommes à qui tout semble réussir. Après avoir cheminé longtemps dans l’ombre, pas à pas, avec l’anxiété que fait naître la crainte de ne pas atteindre le but, il voyait ce but atteint, et, dès lors, il relevait la tête et sériait du danger, ignorant que les plus grands désastres éclatent au lendemain des jours de triomphe. Michel avait noyé la Pitache, et personne ne s’inquiétait de la sorcière. Michel était débarrassé de son père, dont il ignorait encore la mort, mais qui, selon lui, n’aurait garde de revenir. Michel enfin était, aux yeux de tous, le fils de la meunière, l’héritier du moulin… Et dès lors, pourquoi aurait-il fait des concessions ? Il venait de refuser à mame Suzon toute distraction de son bien e


