IUn mois s’était écoulé et on touchait aux premiers jours d’avril. Ce mois avait été fécond en évènements. D’abord Laurent avait épousé sa jolie cousine Noémi, et mame Suzon avait dansé toute la soirée, le jour des noces, en disant : – Je savais bien que le grillon porte bonheur aux maisons qu’il habite ; et si nous avons été un moment malheureux, c’est que le bon Dieu voulait nous éprouver et savoir si nous étions dignes d’être heureux. Michel avait disparu. Qu’était-il devenu, où était-il allé ? Nul n’aurait pu le dire. La province, si cancanière d’ordinaire, a quelquefois du bon ; il y avait eu comme un mot d’ordre de Jargeau à Châteauneuf, à dix lieues en amont et en aval de la vallée de la Loire. Ce mot d’ordre avait consisté à ne point parler de Michel. On avait bien su la vé


