Chapitre XLVIIICe drame épouvantable n’avait pas duré cinq minutes. Michel courait avec l’énergie fiévreuse du criminel qui fuit le théâtre de son forfait. Il avait eu le courage de noyer la vieille femme ; il n’avait plus celui de rester au bord du fleuve. Bien qu’il fût loin déjà, le cri d’agonie et de désespoir qu’elle avait poussé en lâchant la pierre à laquelle elle s’était cramponnée un moment, semblait encore retentir à son oreille. Ainsi devait fuir Caïn après le meurtre d’Abel. – Elle ne parlera plus ! s’était-il dit tout d’abord. Mais quand il eut traversé les prés et sauté le fossé de la route de Férolles, une voix s’éleva dans son cœur troublé : – Son cadavre parlera, dit-elle. En effet, on repêcherait certainement le cadavre de la Pitache, on lui trouverait au cou des


