CHAPITRE 9 LE POINT DE VUE DE CLARA Le silence était revenu, lourd, chargé de l’écho de nos souffles haletants et du parfum musqué de notre union. La porte de la salle de bain attenante se referma sur Alexandre, et bientôt le bruit de l’eau de la douche emplit l’espace, un murmure blanc et impersonnel. Moi, j’étais affalée sur le fauteuil en cuir, celui-là même où il m’avait tenue prisonnière de son regard et de ses questions il y a à peine une heure. Mes jambes, liquéfiées, tremblaient comme des feuilles au vent. Je les regardais, ces traîtresses, incapables de me soutenir. Je ramassai mes vêtements épars sur le sol la chemise froissée, la jupe crayon remontée à mi-cuisses. Des décombres. Les décombres d’un assaut que j’avais, une fois de plus, accueilli avec une voracité qui m’effra


