Cinquante-ET-UNIÈME aventure Comment Renart fit rencontre de Drouineau, et comment un bienfait est quelquefois perdu. Plus gai, plus dispos que jamais, Renart à quelques jours de là sortit de son château, et se trouva bientôt devant un cerisier couvert des plus belles cerises. Sur l’arbre était un moineau sautillant de branche en branche. « Bon appétit, ami Drouin, lui dit Renart. N’es-tu pas heureux au milieu de ces beaux fruits ? – Ils sont excellents, lui répond l’oiseau ; mais j’en suis rassasié, et je vous les abandonne, damp Renart, si vous ne les dédaignez pas. – Il faudrait d’abord les atteindre, et je ne saurais le faire. Passe-m’en, je te prie, quelques-unes, pour que je puisse au moins juger de leur goût. – Comment, messeigneurs les Renarts mangent des cerises ? dit Drouineau


