Maria
Deux jours plus tard...
34 c° Université
"- Silencio!" Je tape ma main contre le tableau. "- Nous ne sommes pas au bar du coin. Je prends déjà de mon temps libre pour vous aider, évitez de me le faire regretter." Je lance en récupérant le tas de copies sur mon bureau. "- M. Torez vous a programmé plusieurs séances de révisions car il a remarqué que votre niveau est bas." Je commence en leur distribuant les feuilles. "- Je vois que la majorité d'entre vous se sont pointés aujourd'hui et ça ne présage que du positif. J'espère que vous réussirez tous vos examens." Je continue en passant devant les membres du Cartel. "- Ravie de voir que vous n'êtes pas en retard cette fois." Je souligne en leur tendant les copies.
"- Por nada del mundo me habría perdido una de tus sensuales lecciones de idioma." Se permet le maigrichon. (Pour rien ne monde je raterai un de vos sensuel cours de langues.)
"- Al menos intenta que el promedio pase a la captura." Je lui souris faussement. (Essayez au moins d'avoir la moyenne pour passer au rattrapage.)
"- Señorita." M'interpelle une jeune femme.
"- ¿Sí?" Je l'invite à continuer.
"- Il est vrai que vous n'avez que 20 ans ?" Elle me demande en se penchant légèrement sur sa table.
"- C'est vrai, je n'ai que 20 ans." Je confirme. "- Mais nous ne sommes pas là pour débattre sur mon âge." Je poursuis ma ronde.
"- Il est vrai que vos parents et votre grand frère ont été descendu il y'a 10 ans ?" Balance la même jeune étudiante. "- Ils disent qu'on vous a retrouvé inconsciente sous le cadavre de votre mère." Elle continue en me regardant droit dans les yeux.
Elle me sourit alors que j'affiche un visage neutre. Si je rentre dans son jeu ça va mal finir. Je m'attarde sur son cou et je comprends qu'elle fait partie elle aussi du même Cartel que mes perturbateurs adorés. Elle ricane fièrement alors que tout le monde se met à rire.
"- J'ai aussi entendu dire que vous n'avez pas eu les couilles de balancer les meurtriers de vos parents. Vous prétendez être amnésique mais moi je ne vous crois pas." Elle finit en croisant les bras.
"- ¿Eres de la policía para hacerme tantas preguntas?" Je me contente de lui répondre.(Vous êtes de la police pour me poser autant de question ?)
Ce n'est pas une petite gamine qui va venir me faire sortir de mes gants. Elle a beau être plus vieille que moi elle n'est pas plus réfléchie. Je lui souris faussement avant de retourner à ma place. Je m'assois sur ma chaise avant de croiser les jambes.
"- Je vous conseille de bien étudier, je ne suis pas sympa au niveau de la notation." Je finis alors que leur visage se décompose devant moi.
Je souris fièrement en comprenant qu'ils ont compris le message. Je suis celle qui se charge de la correction de leur copie. Ils ne sont pas très nombreux en dernière année donc on a plus de facilité à retenir leur visage et leur nom.
Tout le monde se met au travail en silence sauf le "chef". Il me fixe et je fais de même. Je ne dois pas lui montrer qu'il m'impressionne. Je n'ai vu que très rarement ce genre de regard. Un regard froid et vide. On peut comprendre qu'il a déjà tué et je parie qu'il n'a aucun regret. Je croise les bras en le défiant ouvertement du regard et il se contente de me lancer un sourire au coin avant de descendre son regard sur ma poitrine.
Je comprends vite que mon croisement de bras a fait remonter ma poitrine. Je me retiens de souffler avant de me lever et de lui tourner le dos. J'aurais peut-être dû éviter d'enfiler une robe avec ce genre de décolleté.
"- Señorita." M'interpelle un étudiant.
"- Oui ?" Je me tourne face à lui.
"- Vous êtes célibataire ?" Il lâche fièrement.
"- C'est quoi votre nom ?" Je lui demande en m'approchant de lui.
"- Juan Miguel." Il me répond en léchant sa lèvre inférieure telle un pervers.
"- Encore une question de ce style et je vous vire Juan Miguel." Je le préviens. "- Je n'oublie jamais un nom ni un visage, malgré ma petite amnésie." Je lui fais comprendre. "- Finissez vos exercices avant que je ne puisse vous faire au moins une dictée avant la fin du cours." Je soupire. "- Et si vous avez des questions par rapports à l'examen, je suis là." Je finis.
Le reste de la séance se passe dans la tranquillité. Certains m'ont demandé de l'aide pour certains termes de phonétique. Je les ai aidés avec la prononciation car ils passent aussi un oral. Ils ont un bon niveau malgré leur comportement. S'ils continuent comme ça ils pourront facilement réussir leur épreuve.
Alors que je m'apprête à quitter le cours, un groupe de filles m'arrêtent. Elles me regardent sans vraiment oser me parler. Je me tourne complètement face à elle mes affaires en mains. Je leur souris pour leur donner un peu de courage.
"- Euh... On se demandait si vous accepteriez de vous joindre à nous pour une fête après les examens ?" Commence une petite rousse.
"- Ouais, pour fêter la fin des épreuves et le début des vacances. Nous serons contre femmes." Continue une blonde.
"- S'il vous plait ?" Me supplie du regard tout le groupe de six filles.
"- Bon, c'est d'accord !" J'accepte joyeusement. "- Ça vous dérange si je viens avec une amie ?" Je me permets.
"- Oui, il n'y a aucun problème !" Elles crient de joies avant qu'on ne se quitte.
Je souris face à autant de joie. C'est vrai que ça nous fera que du bien de faire la fête après autant de stresse. Je marche joyeusement jusqu'à mon prochain cours de la journée. Je ne pensais pas que des étudiantes aller apprécier ma compagnie.
Je ralentis le pas en voyant le petit groupe de Los ángeles de la muerte devant la porte de ma salle de cours. Leur chef n'est pas avec eux cette fois. Ils me sourient tout en jouant avec leurs armes comme si on était dans leur quartier.
"- Qu'est-ce que vous voulez ?" Je vais droit au but.
"- Rien, on voulait juste s'assurer que vous rejoignez votre prochain cours en toute sécurité." Me souris faussement le maigrichon.
Je ne dis rien et me contente de les contourner. Je n'ai pas peur d'eux. Leurs menaces ils peuvent se les garder pour eux. Je n'ai pas leur temps. J'ouvre la porte de ma salle alors qu'une larme se glisse délicatement sur mon omoplate nue.
"- À vendredi Señorita." Il me souffle avant de quitter les lieux avec le reste de son groupe.
J'ai eu chaud pour le coup. Je devrais peut-être arrêter de jouer à leur jeu. Je ne devrais pas les sous-estimer autant. Ce sont quand même des tueurs, ils n'hésiteront pas à me faire du mal pour que je reste à ma place.
Le cours ne commence que dans cinq minutes. Les premiers étudiants commencent déjà à rentrer. Je pose mes affaires sur le bureau avant de quitter la salle. Il faut que j'aille me prendre une bouteille d'eau. Il fait chaud et je commence à me déshydrater.
Devant le distributeur j'insère l'argent pour récupérer ma bouteille d'eau. La bouteille tombe et je me baisse pour la ramasser. Je me redresse tout en commençant à l'ouvrir. J'ai à peine le temps de me retourner que je rentre sur quelque chose ou bien quelqu'un.
À cause du choc mon corps tombe en arrière. Une main se glisse sur ma taille et je suis rattrapée de justesse avant que mon dos ne claque contre le distributeur. Ma bouteille d'eau glisse de mes mains par la même occasion.
Je relève lentement la tête alors que je tente de calmer les battements de mon coeur. Mon souffle se coupe de lui-même quand nos regards rentrent en contact. Ses yeux marrons me sondent l'âme sans aucune retenue.
"- Je... Merci." J'arrive à articuler alors que sa main fait pression sur mon dos pour me redresser.
"- Faites plus attention." Il me souffle de sa voix grave
Je me contente de lui hocher la tête d'une lenteur sans nom. Il glisse sa main libre dans la mienne avant qu'on les éloigne à cause d'une petite décharge. L'une de ses mèches colorées tombe délicatement sur son front alors que ses muscles se contractent devant moi. Son visage est parfait vu de cet angle-là.
Je réussis à prendre mes esprits avant de me redresser et de me libérer de sa main. Je me baisse pour récupérer ma bouteille d'eau avant de le contourner. Je m'arrête en bout de chemin avant de tourner que très légèrement ma tête vers lui.
"- Merci..." Je le remercie une nouvelle fois.
"- Izan." Il me lance.
"- Merci Izan." Je finis avant de retourner à mon cours le cœur battant la chamade.