XVIII UNE DOULOUREUSE SÉPARATIONLes enfants et Baba Yaggar volèrent durant des jours entiers sous un froid vif, bien enfouis à l’abri des plumes des cygnes. Ils survolaient de vastes forêts ainsi que d’interminables collines verdoyantes. De temps à autre, les cygnes se posaient et les garçons partaient se désaltérer dans l’eau des rivières ou goûtaient aux sources des montagnes avec délectation, tout en se gavant des fruits des arbres. Leurs clameurs heureuses s’entendaient à des lieues à la ronde. Après ces haltes bienfaitrices les deux cygnes reprenaient leur voyage. Le cygne noir de Baba Yaggar volait toujours en tête et se plaçait au plus haut. Un matin, alors que l’aube pointait à l’horizon comme un brasier et qu’ils volaient très bas, Baba secoua Jérémie qui dormait bien au chaud


