CHAPITRE 15: LE POIDS DES CONSÉQUENCES
Le soleil commence à percer à travers les rideaux, inondant doucement la pièce de lumière. Théophile se réveille, encore enveloppé dans les draps de Léa. Ses yeux s’ouvrent lentement, et il sent la présence de Léa à côté de lui, toujours endormie. Le souvenir de la nuit dernière revient brutalement, et une vague de culpabilité le submerge immédiatement.
Il se redresse doucement dans le lit, faisant attention à ne pas réveiller Léa. Son esprit est en ébullition. Comment a-t-il pu franchir cette limite ? Comment pourra-t-il se regarder en face, ou pire encore, affronter son frère Thomas après ce qu'il a fait ? Il sent son cœur s'alourdir.
_THÉOPHILE, pensée INTÉRIEURE "Qu’est-ce que j’ai fait… Je n’aurais jamais dû…"
Il se passe une main sur le visage, essayant de chasser la culpabilité, mais elle s'accroche à lui comme une ombre. Pourtant, il ne peut nier ce qu'il ressent : une part de lui est encore attirée par Léa, malgré l’interdit, malgré l’enjeu. Il la regarde une dernière fois, puis se lève discrètement du lit, ramasse ses vêtements éparpillés et quitte la chambre.
Théophile descend les escaliers, enfilant sa chemise à la hâte. Chaque pas qu'il fait résonne dans le silence de la maison, comme un rappel de l’acte qu’il vient de commettre. Il atteint la porte d’entrée, mais avant de l’ouvrir, il reçoit un message sur son téléphone.
THOMAS (SMS)
_Hey Théo, comment ça va à la maison ? Tu as trouvé le document dont on a parlé ?_
Théophile s’arrête net. Son cœur rate un battement. Il s'était complètement oublié dans la passion de la nuit dernière et n’a même pas cherché ce fameux document.
Théophile, (pensée intérieure)"Le document… Comment j’ai pu oublier ça ?"
Il commence à fouiller frénétiquement dans ses poches, à la recherche d’une excuse plausible, mais rien ne vient. À ce moment-là, il entend des bruits de pas derrière lui. C’est Léa, en peignoir, descendue le rejoindre. Son visage est marqué par une expression à la fois tendre et préoccupée.
_Léa, voix douce, hésitante:"Théophile… tu vas partir ?"
Théophile se retourne vers elle, sentant une nouvelle vague de malaise monter en lui. Il la regarde longuement, incapable de formuler une réponse immédiate. Léa, de son côté, semble troublée par son hésitation.
_Théophile, d’une voix basse:" Léa… ce qui s’est passé hier soir…"
Léa baisse les yeux, visiblement affectée. Elle savait que cet instant ne durerait pas, et que la réalité finirait par les rattraper. Mais elle ne regrette pas, du moins pas encore.
_Léa, interrompant:"Je sais, Théo. Je sais que c’est compliqué. Mais je ne veux pas que tu te sentes coupable de ce qui s’est passé. On a tous les deux cédé, c’est tout."
Théophile hoche la tête, mais cela ne suffit pas à alléger son esprit.
**Théophile, :"Léa, Thomas est mon frère. Je ne sais pas comment je vais lui faire face après ça. Je ne sais même pas comment je vais faire pour continuer ici…"
Léa s’approche de lui, posant une main rassurante sur son bras. Elle comprend son dilemme, car elle le partage. Elle aussi ressent le poids de ce secret, mais une part d’elle ne peut s’empêcher de penser à ce qu’ils pourraient être, ensemble.
_*Léa, avec douceur:"On n’a pas à tout décider tout de suite. Peut-être que c'était juste un moment… un moment dont on avait besoin, pour ne pas se sentir seuls. On verra plus tard pour le reste."
Théophile soupire, déchiré entre son désir pour Léa et son sens des responsabilités envers Thomas. Finalement, il acquiesce, même si au fond de lui, il sait que les choses ne seront jamais plus les mêmes.
Deux jours plus tard, Théophile est de retour au bureau, tentant de reprendre ses habitudes. Mais l'ambiance a changé. Chaque fois qu'il croise Léa dans les couloirs ou la salle de réunion, leurs regards se frôlent, et une tension invisible mais palpable s'installe. Ils se parlent peu, essayant d’agir comme si rien ne s’était passé, mais l’électricité entre eux est indéniable.
Un matin, Théophile reçoit un appel de Thomas. La voix de son frère est enjouée et pleine d’enthousiasme, comme si tout allait parfaitement à Londres. Mais pour Théophile, chaque mot de Thomas sonne comme un rappel de sa trahison.
THOMAS (téléphone)
_Hey Théo ! Comment ça va ? Je suis vraiment désolé de ne pas être là, mais j’ai entendu dire que tu fais du bon boulot. Comment vont les choses avec Clara, au fait ?_
Théophile se fige un instant. Il avait presque oublié Clara, la jolie comptable avec qui il avait commencé à flirter avant que tout cela ne déraille avec Léa.
_Théophile, tentant de paraître naturel:
Ah… Clara… oui, tout se passe bien, elle fait du bon travail.
THOMAS:
"_Excellent. Je savais que tu t'entendrais bien avec elle. Continue comme ça, petit frère._"
Théophile raccroche, mais son cœur pèse lourd. Il sait que ce secret pourrait tout briser s’il venait à être découvert.
BUREAU DE THÉOPHILE – PLUS TARD DANS LA JOURNÉE
Clara entre dans le bureau de Théophile pour lui présenter des chiffres. Son professionnalisme et son sourire habituel sont au rendez-vous, mais quelque chose chez elle est différent. Depuis quelques jours, elle a remarqué l’étrange tension entre lui et Léa. Elle ne sait pas exactement ce qui se passe, mais elle commence à se poser des questions.
_Clara, d'une voix légère, mais curieuse:
"Tu as l’air ailleurs ces derniers temps, Théophile. Tout va bien ?"
Théophile, pris de court, secoue la tête, tentant de masquer son malaise.
_*Théophile, évasif:
"Oui, tout va bien. Beaucoup de boulot, c’est tout."
Clara l’observe attentivement, cherchant à déceler ce qui le perturbe. Elle dépose le rapport sur son bureau et reste quelques instants de plus, comme si elle hésitait à dire quelque chose.
_Clara, hésitante:" Écoute, si tu as besoin de parler… je suis là. Je sais que tu es sous pression, surtout avec Thomas à l’étranger, mais tu peux compter sur moi."
Ses paroles, pleines de sollicitude, touchent Théophile. Mais en même temps, elles lui rappellent à quel point il est pris dans ce dilemme. Il la remercie d’un sourire, mais ne dit rien de plus.
Alors que les jours passent, la tension continue de grandir entre Théophile et Léa. Ils s'évitent de plus en plus, mais chaque fois que leurs regards se croisent, l’électricité est encore là.
Cependant, un jour, alors que Théophile est seul dans son bureau, Léa frappe à la porte et entre sans attendre de réponse. Ses yeux sont sérieux, presque suppliants.
_Léa, avec détermination:"Théo, on ne peut pas continuer comme ça. Je n’arrive plus à faire semblant, à prétendre que tout est normal."
Théophile la regarde, partagé entre le désir qu'il ressent encore pour elle et la peur des répercussions.