Lettre deuxième ISIDORA À MADAME DE T… Non, je ne suis pas malheureuse. J’ai accompli pour vous, Alice, un sacrifice que je croyais bien grand alors… Pardonnez-moi si je vous dis aujourd’hui que, dans mes souvenirs, ce grand acte de courage me paraît chaque jour moins sublime, et qu’enfin j’arrive à me trouver assez peu héroïque… Que Jacques me pardonne de parler ainsi ! Et vous surtout, ma sœur chérie, pardonnez-moi de ne pas le pleurer… Il n’y a rien d’injurieux pour lui dans le calme avec lequel je puis parler à présent d’un sujet jadis si brûlant, et naguère encore si délicat. Ce n’est pas de Jacques que je suis guérie, c’est de l’amour ! Oui, vraiment, j’en suis guérie à jamais, Alice, et, pour m’avoir fait cette grâce, Dieu a été trop bon pour moi, il m’a trop largement récompensé


