Lettre troisième ISIDORA À MADAME DE T… Dimanche, 15 juin 1845. Je ne me croyais pas destinée à de nouvelles aventures, et pourtant, mes amis, en voici une bien conditionnée que j’ai à vous raconter. Il y a quinze jours, j’étais allée à Bergame pour quelque affaire, et je revenais seule dans ma voiture, impatiente de revoir Agathe, que j’avais laissée un peu souffrante à la villa. Je n’étais plus qu’à cinq ou six lieues de mon gîte, et le soleil brillait encore sur l’horizon. Un cavalier me suivait ou suivait le même chemin que moi : il est certain que, soit qu’il me laissât en arrière en prenant le galop, et se mît au pas lorsque mes postillons le rejoignaient, soit qu’il se laissât dépasser et se hâtât bientôt pour regagner le terrain, pendant assez longtemps je ne le perdis pas de v


