Cahier I Et pourquoi n’ai-je pas su souffrir ? pourquoi ai-je voulu être heureux en étant juste ? Mon Dieu, suprême sagesse, suprême bonté ! vous qui pardonnez à nos faibles aspirations et qui ne condamnez pas sans retour, vous savez pourtant que je demandais peu de chose sur la terre. Je ne voulais ni richesses, ni gloire, ni plaisirs, ni puissance : oh ! vous le savez, je ne soupirais pas après les vanités humaines ; j’acceptais la plus humble condition, la plus obscure influence, les privations les plus austères. Quand la misère ployait mon pauvre corps, je ne sentais d’amertume dans mon cœur que pour la souffrance de mes frères… Tout ce que je me permettais d’espérer, c’était de trouver dans mon abnégation sa propre récompense, une âme calme, des pensées toujours pures, une douce joi


