Je regarde tranquillement mon émission télé quand je reçu un coup de fil. Je décroche sans regarder le numéro de celui qui appelle.
Il s'agit de celui dont j'ai chargé de faire incarcérer mon oncle et il m'a dit que c'est fait. Il vient d'être arrêté.
Je raccroche et ferme les yeux. Je ressens un très grand soulagement. Heureuse que justice soit faite.
Comment ce vieux a t-il pu me parler de regret? Je suis bien loin; vraiment très loin de ce que l'on peut appeler regretter. Si c'était à refaire je le referais. Qu'importe ce qui se serait passé dans le passé; rien ne pourra effacer leurs actes inhumains envers moi alors pourquoi voudrais-je leur pardonner?
Deux mois depuis que le vieux m'a fait ces avoeux et depuis lors je ne cesse d'y penser et d'y repenser. Il ne m'a pourtant pas freiné dans mes objectifs: celui de les détruire. J'ai fait ce que j'ai pu espérant que ça suffise. Je les ai chassé de la maison que j'ai mise en reconstruction pour pouvoir la relouer à d'autres gens. J'ignore s'ils ont dormi dans la rue ce jour là bien que ça ne m'étonnerait pas. Et mieux; maintenant qu'ils n'y a plus mon oncle avec eux; les dépenses ne feront que s'allourdir d'avantage pour eux et j'en suis heureuse.
Je suis beaucoup plus concentrée dans ma vie maintenant; j'ai tourné la page; je suis Leyla Fatima Seye.
Pour occuper mes journées je passe actuellement à l'auto école et je fais des cours à domicils. J'apprends maintenant beaucoup de trucs.
Aujourd'hui c'est dimanche donc je me repose. Toute la matinée je l'ai passé à dormir et l'après midi; comme je n'ai pas sommeil; je me détend devant une bonne émission télé.
Nany entre dans la salle : je ne l'ai pas vu de toute la journée. Je souris dés son entrée mais elle me lance un tchip monumental après m'avoir longuement regardé avant de sortir me laissant sans voix.
Depuis hier elle me fais la gueule sans que je ne comprenne ce qui se passe. Aurait elle découvert le fait que j'aie fait incarcéré Gogne? Ça m'étonnerait. Peut être qu'elle a découvert une connerie faite par Leyla car moi cette fille la plus rien ne me surprend venant d'elle.
Je dois mettre les choses au clair avec Nany. Je me lève et vais la trouver dans la cuisine où elle fait du "araw"; sûrement elle prépare de la bouillie de mil pour le dîner.
-Nany?
L'interpelé-je. Elle ne me calcule même pas et la colère se lit dans sa jolie face.
-Nany s'il te plait réponds moi...
-YAW LANLA?
me crie t-elle. Surprise car c'est la toute première fois que l'on me crie dessus depuis que je suis ici. Avant j'en avais l'habitude mais là; entendre Nany me crier dessus me met dans un de ces états. Je n'ai jamais été forte intérieurement c'est pourquoi les larmes me montent aux yeux à l'instant même. Ce n'est pas que je suis immature ou que je me prends pour une gamine à pleurer pour si peu mais c'est dans ma nature et c'est quelque chose que je déteste en moi.
-Wa Nany?
Dis-je d'une voix tremblante tentant l'impossible pour ne pas craquer. Nany; pour elle; je ressens une affection très particulière; je l'ai aimé à la seconde où je l'ai vu et le fait qu'elle me rende cet amour n'a fait que l'accroître.
Elle me lance un de ces regards avec un si grand tchip que je ne pu rester plus. Je cours presque jusqu'à la chambre de mon père. Nany a toujours eu une peur bleu pour lui. Je sais que c'est honteux de ma part de m'en servir mais là; je suis vraiment perdue. Je dois savoir pourquoi ma Nany est en colère contre moi.
Je me souviens alors qu'il doit être en train de dormir après tout il est seize heure il doit faire sa sieste. Résignée je vais dans ma chambre.
Je m'affale sur le lit et compose le numéro de Soukeyna. Peut être qu'elle connais quelque chose que j'ai fait dans le passé et qui aurait contrarié Nany.
Elle décroche à la première sonnerie et commence à parler avant même que je n'aie le temps de dire quoi que ce soit.
-Leyla? J'allais justement t'appeler Aÿ Leyla y'a bone! Je m'étais dit qu'en portant l'enfant d'autrui tout en voulant te marier; tu avais touché le fond mais là! Mon Dieu! Tu me déçois!
-Soukeyna tu me fais peur là! Louma défati!
Demandé je en bégayant presque.
-Tu ne sais pas? Yaw vrai imbécile nga! Ne m'adresse plus jamais la parole..
-SOUKEYNA?!
-Boulmani Soukeyna la wakh! Tu n'es qu'une p*****e! Hein je comprends mieux mademoiselle a bien élaboré son plan!
-Quel plan?
-Tu penses qu'on est idiot ou quoi? Après tes saloperies tu prétends simplement une amnésie pensant que tu pourras échapper aux conséquence de tes actes? Ressaisi toi ma chère! Fi Sénégal la dara doufi oumpé!
-Bon sang veux tu me dire ce qui se passe?
-Ce qui se passe ngamay lathie? Je ne vais même pas te répondre yaw! Juste un conseil va voir Makhou et peut être qu'il va te dire ce qu'il se passe s'il ne t'etrangle pas vive sakh après ce que tu as osé lui faire! Tchimm!
Elle me raccroche au nez me laissant bouche bée. Si Soukeyna me parle sur ce ton alors c'est grave. Je tente une énième fois d'appeler Makhou mais ça sonne dans le vide. Automatiquement je prend mon sac à main et cours le rejoindre à son appart. J'espère juste qu'il daignera m'adresser la parole au lieu de m'insulter comme le font les autres d'autant plus que les choses semblent le concerner.
Je ne trouve pas Nany pour lui dire au revoir.
Une fois dans le taxi; Khady me texte. D'abord je ne voulais pas le lire(maintenant je lis mieux à cause des cours) parce que si Soukeyna a pu être si dure avec ses mots; je ne parle pas de Khady. Cependant elle pourra peut être mieux me renseigner. J'ouvre le message qui me demande expressément d'aller chez Makhou. Effectivement est ce que j'allais faire et c'est ce que je lui ai dit.
Le véhicule se garre devant l'immeuble. Je prend l'ascenseur et vais jusqu'à l'étage où loge Makhou. Je sonne plus de deux fois personne ne répond. Je tente à nouveau de le rappeler mais ça sonne toujours dans le vide pendant un petit bout de temps avant qu'il ne décroche.
-Makhou...
-Lanela?
Me demande t-il. J'ecarquille d'abord les yeux avant de bégayer presque.
-J...je suis devant ton appart...
-Et alors?
-j....
-Viens sakh comme ça on va mettre les choses au clair.
-j'y suis mais c'est fermé...
-Non c'est pas fermé.
J'ouvre automatiquement la porte; les larmes aux yeux me rends compte que tout est sombre. Il se passe quoi là?
-SURPRIIIIIIISE!
Je laisse tomber le portable et le sac pour porter mes mains sur ma bouche. Nany Soukeyna mon père Khady et Makhou bref; ils sont tous là; dans le salon de Makhou; debout et souriants dans un décors de fête. Je suis tellement heureuse que mes larmes coulent de plus belle. Je suis contente et agréablement surprise. C'est tellement beau ce genre de situation ; le geste à lui seul importe.
Nany se dépêche de venir me prendre dans ses bras.
-Oh ma chérie! Allez arrête de pleurer!
Elle me console et je vais leur prendre dans mes bras à tour de rôle. On s'installe sur les fauteuils et ils se mettent à me demander pardon pour les insultes(surtout Nany et Soukeyna). Je leur avoue avoir eu peur et ils se sont bien moqués de moi. Ils ont commencé à me gratifier pour mes nouvelles attitudes.
On a discuté dans une très bonne ambiance jusqu'au soir pour que les filles apportent des mets très délicieux c'est en quelque sorte un dîner avec mes proches pour mon annif. Par la suite; c'est le gâteau et les cadeaux.
Ça c'est le plus beau jour de ma vie. Ressentir l'amour et l'attention de ceux qu'on aime est un sentiment fabuleux et là; j'ai peur.
Oui j'ai peur car aujourd'hui je me suis rendue compte d'à quel point je suis attachée à eux. Je les aime et maintenant j'ignore ce qui se passerait une fois que les choses auraient repris leur cour normal.
Il est presque vingt et une heures quand mon père prend congé de la fête accompagné de Nany. Ils sont suivis par les filles qui m'ont laissés seuls avec Makhou.
Des leur sortie; je me déplace pour me mettre sur le feuteuil à coté de lui.
-Pourquoi j'ai l'intuition que c'est ton idée tout ça ?
Il sourit avant de me répondre en haussant les épaules;
-Peut être parceque tu me connais un peu plus...
Puis il enchaine:
-Je t'aime tu sais!
-J'en ai aucune doute et j'espère que tu sais que c'est réciproque!
Il sourit à nouveau avant de prendre ma main.
-Alors pourquoi tarder encore plus?
Je sais qu'il parle du mariage. Je perce son regard supplicateur tout en y pensant. Il a raison pourquoi attendre? Je ne sais pas pour Leyla mais moi je l'aime. Alors pourquoi ne pas être ne serait ce qu'une seule fois plus égoïste et penser à moi? Être heureuse bien que pour pas longtemps; ne serait ce qu'un jour au côté de Makhou. Si après cela Leyla revient et qu'elle ne veux pas de lui; elle n'aura qu'à divorcer et le tout est réglé !
Je hoche la tête; mon sourire agrandi.
-Tu as raison Makhou! La vie est bien trop courte pour qu'on s'attarde à des attentes sans limite.
Comme un gamin il écarquille les yeux; un sourire mignon et innocent se dessinant sur sa belle face.
-Sérieusement?
Je hoche la tête et il reprend à l'instant:
-Leyla tu veux vraiment m'épouser?
Je ris face à son attitude plus que puéril:
-Oui je le veux!!!
Et je vous laisse imaginer la suite!
Un Makhou super heureux et très enthousiaste.
On est resté a discuter pendant un bon bout de temps. On a d'abord parlé de la date du mariage. Pour ne pas trop perdre de temps et comme de toute façon il n'y aura pas de fête; on a décidé; je veux dire Makhou a décidé à ce que les choses se fassent la semaine suivante même. On va juste faire un mariage religieux puis le mariage civil se passera par la suite.
Je suis heureuse et j'étais loin de m'imaginer qu'un jour je me marierais.
Il m'a ensuite ramené chez moi comme il commençait à se faire tard. On a profité de l'occasion pour en parler à mon père. En fait comme il était toujours éveillé et qu'on ne voulait pas tarder les choses; Makhou et moi lui en ont fait part et il en était vraiment heureux.
J'ai fait part de la nouvelle aux filles et à Nany et comme prévue toutes en étaient vraiment heureuse.
C'est peut être rapide mais j'ai perdu la notion du temps depuis bien longtemps. Je viens de comprendre que j'aimais mon entourage et que le mieux à faire est de profiter de chaque seconde que je passe à leur côté.
Mon père n'a prévenu personne. Après tout le mariage Leyla Makhou avait déjà été célébré. Il Ne reste plus qu'à le sceler et tenir les autres au courant.
Heureusement qu'il en est ainsi car vraiment je ne veux pas rencontrer la grande famille de Leyla juste pour ne pas trop m'inquiéter davantage. J'ignore quels étaient ses liens avec qui alors mieux vaut que je prenne mes distances.
De plus mon père ne semble pas lui aussi être dans de bons termes avec sa famille. J'ignore le pourquoi du comment tout comme j'ignore la raison de son long célibat qui l'a poussé à payer un nounou pour s'occuper de moi alors qu'il aurait très bien pu prendre une autre épouse. Tout ce que je sais daal c'est que la mère de Leyla est partie en Afrique du Sud d'où elle venait depuis que celle ci avait un très bas âge. Moi les mamans qui abandonnent leurs enfants ne m'etonnent plus; j'en ai le typique exemple de la mienne.
Je vous passe la semaine très chargée durant laquelle les filles m'ont poussés à faire des soins; prendre des tenues et autres. Je pense qu'elles n'ont pas saisi l'expression mariage simple. Après tout à quoi bon puisqu'elles seront les seuls invités mais non ! Les demoiselles y tiennent dure comme fer à ce que je me fasse belle.
Demain c'est le grand jour.
Je reviens tout juste de chez le tailleur; les paquets de chaque main. Je suis toute débordée d'autant plus que je parle au téléphone avec Makhou.
Je raccroche d'avec lui et descend du taxi. Je règle avec le chauffeur et m'apprête à me diriger vers notre maison.
Une femme; d'à peu près mon âge; habillée d'un grand tee-shirt; d'une pagne et la tête nouée dans un foulard; elle est assez maigre et a un beau teint noir; assez belle; assise à terre se lève des qu'elle me voit.
-Salut!
Sourit-elle en se levant. Elle a l'air très sympathique.
-Euh...ça va?
Lui demandé-je perplexe tout en essayant de tenir mes paquets qui débordent dans tous les sens.
-Oui Oumou! Je vais bien et toi?
L'entendre prononcer mon nom me surpris à tel point que les paquets s'échappent de mes mains. Elle sourit.
-C'est moi; Leyla!
Me dit elle.