PROLOGUEEncore aujourd’hui, je ne comprends pas comment Marie Lafitte a pu se fourrer dans un guêpier pareil. Peut-être son sens du devoir… À l’Institut des Sciences Mérovéennes de Vannes au sein duquel elle dirige un laboratoire d’informatique, on lui avait demandé de faire des cours dans une école d’Étel juste au moment où elle allait prendre quelques jours de vacances. Elle aurait été en droit de refuser. Eh bien, elle y est allée.
Pourtant, elle déteste enseigner. Transmettre des connaissances, ce n’est pas neutre, selon elle. On manipule les élèves… Du coup, elle se remet en question à chaque cours. C’est insupportable…
Moi, capitaine Alban, de la Brigade Criminelle de Vannes, je trouve qu’elle exagère. J’ai toujours été un cancre, l’image du prof ne m’a guère marqué. Mais il faut bien tenter d’éduquer ceux qui viennent après nous, non ?
Quoi qu’il en soit, Marie s’était installée au Moulin de Bignac dans la maison de ses amis Chassagne, tout près de l’école où elle devait enseigner. Le soleil brillait sur la rivière du Sach, les voisins étaient charmants, notre commissaire divisionnaire Cazaubon, l’époux de la belle, avait promis de la rejoindre dès qu’il pourrait… Bref, avril ne s’annonçait pas mal du tout…
Le premier cours à Étel s’était bien passé.
Et puis il y a eu l’enlèvement de Lola et la disparition de Joëlle Chassagne…
Bon gré, mal gré, voilà Marie partie sur le sentier de la guerre…
Qu’est-ce que je viens faire là-dedans ? L’adjudant Mahé, de la gendarmerie d’Étel, m’avait demandé de l’aider dans une affaire de meurtre. La victime, un collègue de Marie, était de Vannes.
Au cours de notre enquête, quand Marie m’a téléphoné, j’ai bien compris qu’elle avait des soucis. Des soupçons aussi. Je les ai balayés d’un revers de main. J’avais les miens. J’ai eu tort, c’était grave.