Chapitre 16

1612 Mots
Il me restait encore deux choses à faire avant la fin de cette journée mouvementée. Et aucune d'elles ne me paraissait facile.Épuisée par les révélations de Dimitry, j'eu dans l'idée de faire quelques étirements et de crier comme dans la publicité, non pas : je suis une maman qui déchire. Mais plutôt : je suis une femme badass. Tous ça pour me redonner du courage. J'étais tombée bien bas. La lassitude me rongeait comme un foutu cancer.Je m'abstiens néanmoins. J'avais déjà dépassé mon quota "du ridicule ne tue pas" et je craignais qu'une énième bêtise de ma part n'ait raison si ce n'était de moi, de ma santé mentale. Au lieu de quoi, je me dirigeais d'un pas rapide vers les jardins, drapée dans une armure émotionnelle. Les loups avaient déserté, mais je savais sans l'ombre d'un doute que j'y trouverais encore Vladimir. Son ego étant aussi grand que le ciel, il ne partirait pas sans avoir eu quelque chose d'équivalent à ce que j'avais cédé au vampire.Je ne sais pas à quoi, je m'attendais. La dernière fois, qu'il avait senti que Noah m'avait approché, il était devenu fou. Devrais-je m'attendre à un coup de colère ? À une mine réprobatrice où culminait la déception comme il y avait quelques minutes ? Ou à ses mains baladeuses ?J'en frémissais d'anticipation et en même temps me détestais pour cette faiblesse. Je n'étais pas une louve et ne pouvais donc pas rejeter la faute à l'astre lunaire. Non, je n'étais rien d'autre qu'une femme indécise qui refusait de se laisser gouverner par ses hormones.Je me tenais maintenant près de Vladimir et pourtant, je ne retrouvais rien de tout ceci. Souhaitait-il me déstabiliser ? Je m'étais construit un rempart où chacun de ses sarcasmes aurait glissé, mais n'avais rien contre ce qu'il m'avait préparé.L'alpha passa une main dans ses cheveux courts et soupira longuement. Je savais qu'il m'avait entendu arriver. Il restait silencieux, ne me regardait même pas. Je le pris comme un affront et en réponse, j'aurai pu hurler :  - Eh, regarde-moi t*********l ! Si je faisais ça, il aurait gagné. Je passerais pour une faible, une junkie réclamant sa dose d'attention. Non, il fallait que je garde la main. - Je vous en pris, plus de drame, aujourd'hui, m'entendis-je implorer. C'était mieux, pas désespérée, mais épuisée. Je me félicitais intérieurement.Ses grands yeux bleus me transpercèrent et j'y lus comme de la compassion. Soit j'avais raté un épisode, soit ma ruse avait trop bien fonctionné. Dans mon souvenir, il était plus qu'en colère un peu plutôt. Son regard lançait des éclairs, ses babines moussaient et ses longs crocs étaient prêt à me déchiqueter. Bon, j'abusais un peu, mais c'était tout comme. Quand j'étais rentré de chez Noah, j'avais cru qu'il pourrait me tuer si je ne me dépêchais pas de récurer chaque parcelle de ma peau. Pourtant, alors que je m'attendais a ce qu'il gueule, ses grands bras tout en muscles m'enserrèrent la taille. Prise de court, sans rien y comprendre, ma tête se retrouva sur son torse et je me surpris à lui rendre son étreinte.Il n'y avait rien de sexuelle là-dedans. Il agissait juste comme l'aurait fait n'importe quel ami. L'espace d'un instant j'en oubliais qu'il était un loup et profitais de ce moment de calme.Ce Vladimir là, avec cette touche de vulnérabilité et de tendresse  me touchais bien plus que l'alpha possessif, l'homme qu'il m'avait toujours montrer. - Est-ce que ca va ? Avais-je envie de lui murmurer. De peur de briser ce moment, je me tus. Mais, comme à son habitude, Vladimir sembla lire en moi. - J'ai eu si peur pour vous, admit-il. - Ce n'était rien de méchant, juste un bal.Pourquoi je lui parlais de ça ?Je n'en avais aucune intention. Ma langue se deliait, heureuse de délivrer son message.Il me serra encore plus fort comme s'il avait peur que je ne sois pas réelle et mes pensées s'éparpillèrent. - Un bal ? Vous voulez dire un bal vampire ? - Exacte, mon père m'y avais convié et je n'étais pas en mesure de refuser. - J'espère que vous savez que je fais un grand effort pour ne pas hurler Jones. Votre père est un serviteur vampire ? Oui s'en est certainement un, vu qu'il ai assez de passe droit pour vous inviter dans la demeure du maître. Ça expliquerait l'odeur de ces sangsues chez votre mère également. Pourquoi n'y avais-je pas penser.Il ne me portait pas vraiment attention et se parlait plus à lui-même. Mais la colère influait dans mes veines et me donnaisla force de répliquer. - Mon père n'est pas un serviteur, l'interompis-je Il m'observa d'un drôle d'air avant de se reprendre. Pourquoi était-il si différent ?- Biensûr que si, et il vous prostitue pour sa cause. Abasourdie, je le repoussais sans ménagement.  - C'est la deuxieme fois depuis que nous nous connaissons que vous insinuez que je suis une p****n. Si c'est comme ça que vous considérez les femmes de par chez vous, grand bien vous fasse. Mais je ne vous laisserais pas m'insulter de cette façon. - Je ne... - Taisez-vous bon sang. Vous ne ferez qu'aggraver votre cas. Vous allez simplement me dire ce pourquoi vous etes venus jusqu'ici avec vos chiens de garde.Et pour que les choses soient claires, mon père n'est pas un serviteur vampire mon père est Sevastian, maître vampire de cette f****e ville.Quant au fait que je porte l'odeur de l'un d'entre eux, vous ferez bien de vous y habituer. Mon compagnon actuel est Noah prince de la Louisiane. Et oui, ne vous déplaise, je fréquente un vampire. Et vous savez pourquoi ? Parce que quand je suis avec lui, il n'est pas question de ses ambitions vampiriques ou de ses rencoeurs avec d'autres clans. Nous n'avons pas le temps pour ça. Non quand je suis avec Noah, il n'y a que lui et moi. Un homme et une femme. C'était un coup bas, mais Vladimir m'avais déçue et blessée. Je voulais qu'il s'en aille loin de moi, qu'il disparaisse et qu'il emporte avec lui tous ses à priori. - Je suis désolé Jones, je... Il sembla chercher ses mots. Je n'en avais rien à faire. - Vous pouvez l'être. Dites ce que vous voulez et fichez le camp de chez moi. Il prit le temps de m'observer comme s'il évaluait le degré de mon irritabilité et souffla. - Le moment est peut-être mal choisis pour vous demander votre aide.  - Vous voulez parler de ces loups disparus ? J'ai deja accepter le contrat, vous pouvez partir. - Vous avez trouvez quelque chose ? - À vrai dire oui, j'ai déjà commencé mon enquête. Je vous informerais de mes trouvailles demain quand je déposerais les filles.Que m'arrivait-il ? J'avais failli lui dire que j'avais un témoin et que je savais par où commencer. Il fallait que je mette fin à cette entrevue, la fatigue me rattrapait.Je ne pouvais tout de même pas le mettre à la porte alors qu'il semblait avoir des choses importantes à me révéler. - il y a quatre autres disparus cette semaine. Sur les sept autres qui manquaient déjà à l'appel, je ne ressens la présence que de deux d'entre eux. Rufus, un ami de longue date et mon frère à nouveau depuis peu. Ils sont faibles mais bien vivants, nous ... Je sais que je vous demande beaucoup et il est difficile pour moi d'avouer avoir abattu toutes mes cartes. Je ne sais plus quoi faire.Mais je ne peux me contenter de rester là à attendre que leur force vital retourne à la meute. - Ne vous en faites pas , je les trouverais. - Je vais mettre à votre disposition une équipe... - Je vous arrête maintenant. Je bosse seule et puis quelque chose me dit que vous auriez du mal à garder votre sang-froid. Je ne tiens pas une garderie. - Vous me vexez.  - tien donc. - Jones, je suis désolé. Il posa un genou au sol et mon cœur se traître manqua un battement. - Je vous présente humblement mes excuses. Ma jalousie m'a aveuglé. Je dois dire que je me reconnais à peine quand vous êtes dans les parages. - Relevez-vous bon-sang de bonsoir, l'espace d'un instant, j'ai cru que vous avez totalement perdu la tete et que vous me faisiez une demande en mariage.  - Sans mentir, je ne suis pas sûr de pouvoir survivre à une épouse telle que vous, railla-t-il. Je n'arrive pas à croire que Sevastian soit votre père.Nous avons tout un tas de renseignements à son sujet, pourtant, je suis certaine qu'il n'est mentionné nulle part qu'il ait une fille. - Je commence à me dire que c'était volontaire de sa part. Mon père, avait-il vraiment cherché à nous protéger toutes ces années ? C'était déroutant. - Oui, c'était la seule manière de mettre sa famille à l'abri de ces ennemis. - Ouais, quel père formidable, ironisais-je. Vladimir ne fit pas de commentaire et pour ça je l'en remerciais silencieusement tout du moins.Il se releva, épousseta son jean et me surprit à nouveau en me serrant dans ses bras. - Je suis sérieux Jones, il faut que je vous accompagne durant votre enquête. Je ne supporte plus de rester là sans agir. Je n'ai qu'un seul frère et c'est le meilleur du monde. Il y avait un seul type qui pouvait me rendre dingue puis cinq minutes plus tard faire fondre. Mon pauvre cœur ne supporterait pas autant de soubresauts. Rester dans ces bras me paraissait hautement indécent, mais pour rien au monde, je me serais éloigné. Il fallait avouer qu'un Vladimir soudain silencieux et docile était tellement plus attirant.
Lecture gratuite pour les nouveaux utilisateurs
Scanner pour télécharger l’application
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Écrivain
  • chap_listCatalogue
  • likeAJOUTER