Flashback, 3 ans plus tôt.
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Point de vue de Michy.
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- « Tu vois ? Voilà les fréquentations de Léa, toi tu es toujours avec des vauriens. » hurlait mon père derrière moi alors que je regardais Justin et Angie monter dans leur véhicule.
Voilà c’est reparti, toujours à me comparer à cette c******e. J’en ai vraiment ma claque de cela, je commence à supporter de moins en moins cette maison, il faut à tout prix que je sorte d’ici.
- « à ton âge, ta mère était déjà mariée à moi. » continuait-il. « toi, tout ce que tu nous apportes c’est des problèmes. » ajoutait-il.
- « Papa ! Quand est-ce que tu vas arrêter de toujours me comparer à Léa ? » lui demandais-je furieuse.
- « Quand les poules auront les dents… » me dit-il en me criant dessus. « Si je savais que c’est la qualité si que Dieu allait m’envoyer hein ? Ce jour, j’allais porter un préservatif. » ajoutait-il.
Comme à chaque fois, ses mots me m’étaient hors de moi, il avait ce don de me mettre en rogne et je le détestais pour ça. Jamais rien de bon ne sortait de sa bouche me concernant, mais quand il s’agissait de cette pauvrichonne ce n’était que des éloges. Le pire c’est quand je le voyais la croiser dans la rue, il discutait avec elle et souriait comme si c’était la fille qu’il avait toujours voulu avoir. Pour lui comme je n’avais pas poussé mes études trop loin, j’allais finir fille de rue ou une brigande alors que lui-même n’avait qu’eux le Cap et n’avait pas fini brigand.
- « Papa ! pourquoi tu me détestes autant ? » lui demandais-je les yeux presque qu’en larme. « Je ne sais pas ce que je t’ai fait pour que tu me traites ainsi. »
- « He ! Arrête-moi vite tes larmes de Crocodile là ok ? Si au lieu de pleurnicher comme tu le fais là, tu te démerdais à trouver du travail, tu ne serais pas là à regarder ce qui se passe chez les Léa à longueur de journée. » me disait-il en laissant couler quelques seconde de silence.
- « Papa ! je ne vais tout de même pas faire n’importe quel travail parce qu’il faut que je travaille ? » lui disais-je.
Une phrase qui lui fit rire aux éclats,
- « Tu as les propos de quelqu’un qui ne va jamais réussir. Tu n’es que diplômée en Kongossa, mais c’est toi qui veux choisir un meilleur travail ? Puisque tu admires tant Léa, inspire-toi d’elle, elle est diplômée mais elle travaille comme commercial dans une station-service. » me dit-il en balançant sa tête de la gauche vers la droite en guise de déception. « l’humilité précède la gloire. »
Il se tourna et entra à l’intérieur en claquant la porte. Une nouvelle discussion entre père et fille qui se termine en queue de poisson. Cette situation ne me plaisait guère, et la seule solution pour que la situation s’améliore entre lui et moi, était que je me transformais en Léa, mon père ne voyait pas à quel point il me faisait du mal de par son attitude.
Voilà donc pourquoi je déteste cette Léa, elle m’empêche de vivre. Je voudrais que pour une fois, je sois meilleure qu’elle dans un domaine. Je ne voudrais plus être une calamité dans la vie de mes parents.
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Point de vue de Léa
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6 heures 15, dans un hôpital privé de la ville.
- « je suis vraiment gênée Justin, tu en fais déjà trop » lui disais-je.
- « Pour toi, je peux encore faire plus. Accepte ma proposition s’il te plait. » Me suppliait-il.
Je ne pouvais pas l’accepter car vraiment, il en avait déjà beaucoup fait. Ce soir lorsque j’ai décroché l’appel de Justin et que je lui ai informé de ma situation, vingt minutes après il était avec moi à l’hôpital, pendant que Boris était resté dormir chez lui.
Au lieu d’évacuer ma mère à l’hôpital général comme prévu, on l’a plutôt évacué dans un hôpital privé et plutôt très onéreux de la ville de Douala. Pour Justin, les hôpitaux publics dans ce pays sont plutôt merdiques et le service médical laisse très souvent à désirer.
Il faut avouer qu’il avait vraiment mis le paquet, et est-ce pour m’impressionner ou pas ? Peu m’importait, pour moi, je ne retenais que le geste. Ce que certains hommes oublient c’est que dans la difficulté nous les femmes sommes vraiment très vulnérables, tout ce qu’on leur demande c’est beaucoup plus de l’assistance morale, que financier même si ceci dans certaines situations est essentielle. Boris n’était pas là cette nuit pour moi, il m’avait laissé affronter ma situation toute seule, et si ma mère mourrait il allait sans doute m’appeler pour me présenter des condoléances. J’avais de la reconnaissance pour tout ce qu’il m’avait fait auparavant, mais cette nuit elle s’en est envolée par son geste.
Mais, Il fallait vraiment avouer que Justin avait une certaine générosité, et cela m’avait vraiment impressionné, et cette nuit j’ai compris que beaucoup de responsabilité reposait sur moi dorénavant après l’incident de ma mère.
Aurais-je la force physique et morale de l’affronter les difficultés de la vie toute seule ?
- « Justin, Je suis mal alaise, je ne suis pas habituée à ce qu’on me fasse autant. » lui disais-je.
- « Ne le soit pas, je te comprends tu sais, pour te rassurer je vais te prendre un exemple banal. » me dit-il en me prenant par l’épaule. « Si j’étais ton ami et que tu étais dans ma position, me viendrais-tu en aide ? »
- « Bien sûr que oui ! » lui répondis-je.
- « Mais pourquoi ne veux-tu pas que je t’aide ? » me demandait-il choqué par mon attitude.
- « Tu sais mon père m’a toujours dit qu’aucune aide n’est gratuite, qu’on finit toujours par la payer un jour ou l’autre.» disais-je en le regardant dans les yeux. « Je ne sais pas comment je pourrais te le rembourser, C’est trop pour moi. »
Une phrase qui l’arracha le sourire, puis il en rigolait par la suite.
- « Non, ne rigole pas c’est sérieux ! Toi-même tu vois dans quelle situation financière je suis. » ajoutais-je
- « Je le sais… » dit-il en me lançant un grand sourire. « Tu sais très bien pourquoi je fais tout cela… » me dit-il quand je l’ai interrompu.
- « Justin ! Non ! On en a déjà parlé, Tu sais… » disais-je quand il m’a interrompu à son tour.
- « Je sais Léa, et j’ai compris. Mais l’amour ce n’est pas toujours être ensemble tu le sais ? » me demandait-il.
- « je le sais » répondis-je.
- « Quand on aime quelqu’un on veut qu’elle soit en joie et heureuse, et c’est juste ce que je veux pour toi. » me dit-il. « En plus, c’est gênant de quitter le luxe de chez moi et d’arriver sans vouloir t’offenser dans ta maison. c’est vraiment immonde. » ajoutait-il en me câlinant l’épaule. « En même temps je ne vais pas construire un château ? juste un habitat digne de ce nom. Alors ne dit pas non, s’il te plaît… »
Je me suis plongé dans de longues minutes de réflexion et je lui dis :
- « Je ne veux pas devenir dépendante de quelqu’un, ne m’en rend pas une. je sais ce que c’est que d’être dépendante et je ne veux plus le revivre. » Lui dis-je. « si tu veux vraiment m’aider trouve-moi un meilleur poste »
- « En fait, je voulais te proposer aussi. » me répondit-il en souriant.
Quand mon téléphone se mit à sonner, c’était un appel de Boris. Au vue de cet appel la mine de Justin s’effrita.