Point de vue de Michy
La jalousie fait de ces choses hein ? Je ne sais même pas d'où me nait ce sentiment, si vous me demandez pourquoi je déteste cette Léa, je ne saurai quoi vous dire. Je sais juste que je suis programmée pour la détester, car je suis en concurrence avec elle, et ce ressenti, je l'ai depuis que nous sommes petites. Je ne veux accuser personne, mais nos parents y étaient pour beaucoup nous mettant sans cesse en concurrence et à chaque fois, elle avait toujours quelque chose de meilleure que moi.
Nous sommes nées la même année dans une cité à Billonguè un quartier populaire de la ville de Douala, je peux vous garantir que cette fille n'avait jamais eu la vie facile. Elle avait très souvent été obligée de se battre doublement pour avoir ce dont elle avait besoin dans la vie, car rien ne lui était offerte comme un bouquet de fleur.
Son mal commença dans enfance très tôt quand, elle perdit son père alors qu'elle n'avait que 6 ans. Vous savez dans notre monde, dans la majeure partie des foyers, l'homme est l'unique apport financier, c'est vrai que la femme soutient aussi très souvent le ménage avec des petits commerces qui génèrent des fonds supplémentaires. Mais quand le mari décède c'est l'hécatombe familiale.
Ce qui fût donc le cas de cette pauvre Léa, quant à moi, j'avais mes deux parents, et ils se battaient corps et âme pour nous envoyer mes frères et moi à l'école. Je vous avoue l'école n'était mon fort, tout le contraire de Léa qui était major dans toutes ses classes, jusqu'à ses années d'université.
Je me suis arrêtée en classe de première comme on l'appelle ici au Cameroun : « fin de course ». C'est à dire qu'hein dans mon pays pour faire le baccalauréat mamah ! Tu passes par le tamis de la première car à ce niveau il y a un examen qu'on appelle le probatoire...Mamah l'examen ci hein ? Si tu ne connais pas ta vocation hein ? Il va t'orienter vers autre chose que l'école. J'ai fait cet examen 5 fois, Mamah ! À cause de lui noorrr... on a accusé toutes les grand-mères du quartier de pratiquer de la sorcellerie sur moi, pourtant je vous avoue que c'était mon vrai niveau, j'avais même déjà trop fait hein ? Je pense aussi que c'était le début des relations conflictuelles entre mes parents et moi.
Voyant le succès de l'autre pauvre orpheline, mon père me traitait de tous les noms, d'après lui j'allais devenir une prostituée, et je n'avais pas de futur sans l'école.
Toute façon à force de me le souhaiter, j'en suis devenue une.