Chapitre 3

3079 Mots
La brillante victoire remportée par Alexis Alexandrovitch dans la séance du 17 août avait eu des suites fâcheuses. La nouvelle commission, nommée pour étudier la situation des populations étrangères, avait agi avec une promptitude qui frappa Karénine ; au bout de trois mois elle présentait déjà son rapport ! L’état de ces populations se trouvait étudié aux points de vue politique, administratif, économique, ethnographique, matériel et religieux. Chaque question était suivie d’une réponse admirablement rédigée et ne pouvant laisser subsister aucun doute, car ces réponses n’étaient pas l’œuvre de l’esprit humain, toujours sujet à l’erreur, mais d’une bureaucratie pleine d’expérience. Ces réponses se basaient sur des données officielles, telles que rapports des gouverneurs et des archevêques, basés eux-mêmes sur les rapports des chefs de district et des surintendants ecclésiastiques, basés à leur tour sur les rapports des administrations communales et des paroisses de campagne. Comment douter de leur exactitude ? Des questions comme celles-ci : « Pourquoi les récoltes sont-elles mauvaises ? » et « Pourquoi les habitants de certaines localités s’obstinent-ils à pratiquer leur religion ? » questions que la machine officielle pouvait seule résoudre, et auxquelles des siècles n’auraient pas trouvé de réponses, furent clairement résolues, conformément aux opinions d’Alexis Alexandrovitch. Mais Strémof, piqué au vif, avait imaginé une tactique à laquelle son adversaire ne s’attendait pas : entraînant plusieurs membres du comité à sa suite, il passa tout à coup dans le camp de Karénine, et, non content d’appuyer les mesures proposées par celui-ci avec chaleur, il en proposa d’autres, dans le même sens, qui dépassèrent de beaucoup les intentions d’Alexis Alexandrovitch. Poussées à l’extrême, ces mesures parurent si absurdes, que le gouvernement, l’opinion publique, les dames influentes, les journaux, furent tous indignés, et leur mécontentement rejaillit sur le père de la commission, Karénine. Enchanté du succès de sa ruse, Strémof prit un air innocent, s’étonna des résultats obtenus, et se retrancha derrière la foi aveugle que lui avait inspirée le plan de son collègue. Alexis Alexandrovitch, quoique malade et très affecté de tous ces ennuis, ne se rendit pas. Une scission se produisit au sein du comité ; les uns, avec Strémof, expliquèrent leur erreur par un excès de confiance, et déclarèrent les rapports de la commission d’inspection absurdes ; les autres, avec Karénine, redoutant cette façon révolutionnaire de traiter une commission, la soutinrent. Les sphères officielles, et même la société, virent s’embrouiller cette intéressante question à tel point, que la misère et la prospérité des populations étrangères devinrent également problématiques. La position de Karénine, déjà minée par le mauvais effet que produisaient ses malheurs domestiques, parut chanceler. Il eut alors le courage de prendre une résolution hardie : au grand étonnement de la commission il déclara qu’il demandait l’autorisation d’aller étudier lui-même ces questions sur les lieux, et, l’autorisation lui ayant été accordée, il partit pour un gouvernement lointain. Ce départ fit grand bruit, d’autant plus qu’il refusa officiellement les frais de déplacement fixés à douze chevaux de poste. Alexis Alexandrovitch passa par Moscou et s’y arrêta trois jours. Le lendemain de son arrivée, comme il venait de rendre visite au général gouverneur, il s’entendit héler, dans la rue des Gazettes, à l’endroit où se croisent en grand nombre les voitures de maîtres et les isvostchiks, et, se retournant à l’appel d’une voix gaie et sonore, il aperçut Stépane Arcadiévitch sur le trottoir. Vêtu d’un paletot à la dernière mode, le chapeau avançant sur son front brillant de jeunesse et de santé, il appelait avec une telle persistance, que Karénine dut s’arrêter. Dans la voiture, à la portière de laquelle Stépane Arcadiévitch s’appuyait, était une femme en chapeau de velours avec deux enfants ; elle faisait des gestes de la main en souriant amicalement. C’étaient Dolly et ses enfants. Alexis Alexandrovitch ne comptait pas voir de monde à Moscou, le frère de sa femme moins que personne ; aussi voulut-il continuer son chemin après avoir salué ; mais Oblonsky fit signe au cocher d’arrêter et courut dans la neige jusqu’à la voiture. « Depuis quand es-tu ici ? N’est-ce pas un péché de ne pas nous prévenir ? J’ai vu hier soir chez Dusseaux le nom de Karénine sur la liste des arrivants, et l’idée ne m’est pas venue que ce fût toi, dit-il en passant sa tête à la portière et en secouant la neige de ses pieds en les frappant l’un contre l’autre. Comment ne pas nous avoir avertis ? – Le temps m’a manqué, je suis très occupé, répondit sèchement Alexis Alexandrovitch. – Viens voir ma femme, elle le désire beaucoup. » Karénine ôta le plaid qui recouvrait ses jambes frileuses et, quittant sa voiture, se fraya un chemin dans la neige jusqu’à celle de Dolly. « Que se passe-t-il donc, Alexis Alexandrovitch, pour que vous nous évitiez ainsi ? dit celle-ci en souriant. – Charmé de vous voir, répondit Karénine d’un ton qui prouvait clairement le contraire. Et votre santé ? – Que fait ma chère Anna ? » Alexis Alexandrovitch murmura quelques mots et voulut se retirer, mais Stépane Arcadiévitch l’en empêcha. « Sais-tu ce que nous allons faire ? Dolly, invite-le à dîner pour demain avec Kosnichef et Pestzoff, l’élite de l’intelligence moscovite. – Venez, je vous en prie, dit Dolly, nous vous attendrons à l’heure qui vous conviendra, à cinq, à six heures, comme vous voudrez. Et ma chère Anna, il y a si longtemps… – Elle va bien, murmura encore Alexis Alexandrovitch en fronçant le sourcil. Très heureux de vous avoir rencontrée. » Et il regagna sa voiture. « Vous viendrez ? » cria encore Dolly. Karénine répondit quelques mots qui ne parvinrent pas jusqu’à elle. « J’entrerai chez toi demain ! » cria aussi Stépane Arcadiévitch. Alexis Alexandrovitch s’enfonça dans sa voiture comme s’il eût voulu y disparaître. « Quel original ! » dit Stépane Arcadiévitch à Dolly ; et regardant sa montre il fit un petit signe d’adieu caressant à sa femme et à ses enfants, et s’éloigna d’un pas ferme. « Stiva, Stiva ! lui cria Dolly en rougissant. Il se retourna. « Et l’argent pour les paletots des enfants ? – Tu diras que je passerai. » Et il disparut, saluant gaiement au passage quelques personnes de connaissance. Le lendemain, c’était un dimanche, Stépane Arcadiévitch, entra au Grand-Théâtre pour y assister à la répétition du ballet ; et, profitant de la demi-obscurité des coulisses, il offrit à une jolie danseuse qui débutait sous sa protection la parure de corail qu’il lui avait promise la veille. Il eut même le temps d’embrasser le visage radieux de la jeune fille, et de convenir avec elle du moment où il viendrait la prendre, après le ballet, pour l’emmener souper. Du théâtre, Stépane Arcadiévitch se rendit au marché pour y choisir lui-même du poisson et des asperges pour le dîner, et à midi il était chez Dusseaux, où trois voyageurs de ses amis avaient eu l’heureuse idée de se loger : Levine, de retour de son voyage, un nouveau chef fraîchement débarqué à Moscou pour une inspection, et enfin son beau-frère Karénine. Stépane Arcadiévitch aimait à bien dîner ; mais ce qu’il préférait encore, c’était d’offrir chez lui à quelques convives choisis un petit repas bien ordonné. Le menu qu’il combinait ce jour-là lui souriait : du poisson bien frais, des asperges, et comme pièce de résistance un simple mais superbe roastbeef. Quant aux convives, il comptait réunir Kitty et Levine et, afin de dissimuler cette rencontre, une cousine et le jeune Cherbatzky ; le plat de résistance parmi les invités devait être Serge Kosnichef, le philosophe moscovite, joint à Karénine, l’homme d’action pétersbourgeois. Pour servir de trait d’union entre eux, il avait encore invité Pestzoff, un charmant jeune homme de cinquante ans, enthousiaste, musicien, bavard, libéral, qui mettrait tout le monde en train. La vie souriait en ce moment à Stépane Arcadiévitch ; l’argent rapporté par la vente du bois n’était pas entièrement dépensé ; Dolly depuis quelque temps était charmante : tout aurait été pour le mieux, si deux choses ne l’avaient désagréablement impressionné, sans toutefois troubler sa belle humeur : d’abord l’accueil sec de son beau-frère : en rapprochant la froideur d’Alexis Alexandrovitch de certains bruits qui étaient parvenus jusqu’à lui sur les relations de sa sœur avec Wronsky, il devinait un incident grave entre le mari et la femme. Le second point noir était l’arrivée du nouveau chef auquel on faisait une réputation inquiétante d’exigence et de sévérité. Infatigable au travail, il passait encore pour être bourru, et absolument opposé aux tendances libérales de son prédécesseur, tendances que Stépane Arcadiévitch avait partagées. La première présentation avait eu lieu la veille, en uniforme, et Oblonsky avait été si cordialement reçu qu’il jugeait de son devoir de faire une visite non officielle. Comment serait-il reçu cette fois ? il s’en préoccupait, mais sentait instinctivement que tout s’arrangerait parfaitement. « Bah ! pensait-il, ne sommesnous pas tous pécheurs ? pourquoi nous chercherait-il noise ? » Stépane Arcadiévitch entra d’abord chez Levine. Celui-ci était debout au milieu de sa chambre, et prenait avec un paysan la mesure d’une peau d’ours. « Ah ! vous en avez tué un ! cria Stépane Arcadiévitch en entrant. La belle pièce ! Une ourse ! Bonjour, Archip ! – et s’asseyant en paletot et en chapeau il tendit la main au paysan. – Ôte donc ton paletot et reste un moment, dit Levine. – Je n’ai pas le temps, je suis entré pour un instant, – répondit Oblonsky, ce qui ne l’empêcha pas de déboutonner son paletot, puis de l’ôter, et de rester toute une heure à bavarder avec Levine sur sa chasse et sur d’autres sujets. – Dis-moi ce que tu as fait à l’étranger : où as-tu été ? demanda-t-il lorsque le paysan fut parti. – J’ai été en Allemagne, en France, en Angleterre, mais seulement dans les centres manufacturiers et pas dans les capitales. J’ai vu beaucoup de choses intéressantes. – Oui, oui, je sais, tes idées d’associations ouvrières. – Oh non, il n’y a pas de question ouvrière pour nous : la seule question importante pour la Russie est celle des rapports du travailleur avec la terre ; elle existe bien là-bas aussi, mais les raccommodages y sont impossibles, tandis qu’ici… » Oblonsky écoutait avec attention. « Oui, oui, il est possible que tu aies raison, mais l’essentiel est de revenir en meilleure disposition ; tu chasses l’ours, tu travailles, tu t’enthousiasmes, tout va bien. Cherbatzky m’avait dit t’avoir rencontré sombre et mélancolique, ne parlant que de mort. – C’est vrai, je ne cesse de penser à la mort, répondit Levine, tout est vanité, il faut mourir ! J’aime le travail, mais quand je pense que cet univers, dont nous nous croyons les maîtres, se compose d’un peu de moisissure couvrant la surface de la plus petite des planètes ! Quand je pense que nos idées, nos œuvres, ce que nous croyons faire de grand, sont l’équivalent de quelques grains de poussière !… – Tout cela est vieux comme le monde, frère ! – C’est vieux, mais quand cette idée devient claire pour nous, combien la vie paraît misérable ! Quand on sait que la mort viendra, qu’il ne restera rien de nous, les choses les plus importantes semblent aussi mesquines que le fait de tourner cette peau d’ours ! C’est pour ne pas penser à la mort qu’on chasse, qu’on travaille, qu’on cherche à se distraire. » Stépane Arcadiévitch sourit et regarda Levine de son regard caressant : « Tu vois bien que tu avais tort en tombant sur moi parce que je cherchais des jouissances dans la vie ! Ne sois pas si sévère, ô moraliste ! – Ce qu’il y a de bon dans la vie… répondit Levine s’embrouillant. Au fond je ne sais qu’une chose, c’est que nous mourrons bientôt. – Pourquoi bientôt ? sais-tu ? la vie offre, il est vrai, moins de charme quand on pense ainsi à la mort, mais elle a plus de calme. – Il faut jouir de son reste, au contraire… Mais, dit Stépane Arcadiévitch en se levant pour la dixième fois, je me sauve. – Reste encore un peu ! dit Levine en le retenant ; quand nous reverrons-nous maintenant ? Je pars demain. – Et moi qui oubliais le sujet qui m’amène ! Je tiens absolument à ce que tu viennes dîner avec nous aujourd’hui ; ton frère sera des nôtres, ainsi que mon beaufrère Karénine. – Il est ici ? – demanda Levine, mourant d’envie d’avoir des nouvelles de Kitty ; il savait qu’elle avait été à Pétersbourg au commencement de l’hiver, chez sa sœur mariée à un diplomate. – Tant pis, pensa-t-il : qu’elle soit revenue ou non, j’accepterai. – Viendras-tu ? – Certainement. – À cinq heures, en redingote. » Et Stépane Arcadiévitch se leva et descendit chez son nouveau chef. Son instinct ne l’avait pas trompé ; cet homme terrible se trouva être un bon garçon, avec lequel il déjeuna et s’attarda à causer, si bien qu’il était près de quatre heures lorsqu’il entra chez Alexis Alexandrovitch. Alexis Alexandrovitch, en rentrant de la messe, passa toute la matinée chez lui. Il avait deux affaires à terminer ce jour-là : d’abord à recevoir une députation d’étrangers, puis une lettre à écrire à son avocat, comme il le lui avait promis. Il discuta longuement avec les membres de la députation, les entendit exposer leurs réclamations et leurs besoins, leur traça un programme dont ils ne devaient à aucun prix se départir dans leurs démarches auprès du gouvernement, et finalement les adressa à la comtesse Lydie, qui devait les guider à Pétersbourg : la comtesse avait la spécialité des députations, et s’entendait mieux que personne à les piloter. Quand il eut congédié son monde, Alexis Alexandrovitch écrivit à son avocat, lui donna ses pleins pouvoirs, et lui envoya trois billets de Wronsky et un d’Anna, trouvés dans le portefeuille. Au moment de cacheter sa lettre, il entendit la voix sonore de Stépane Arcadiévitch demandant au domestique si son beau-frère recevait, et insistant pour être annoncé. « Tant pis, pensa Alexis Alexandrovitch, ou plutôt tant mieux, je lui dirai ce qui en est, et il comprendra que je ne puis dîner chez lui. – Fais entrer, cria-t-il en rassemblant ses papiers et les serrant dans un buvard. – Tu vois bien que tu mens, – dit la voix de Stépane Arcadiévitch au domestique, et, ôtant son paletot tout en marchant, il entra chez Alexis Alexandrovitch. – Je suis enchanté de te trouver, commença-t-il gaiement, j’espère… – Il m’est impossible d’y aller », répondit sèchement Alexis Alexandrovitch, recevant son beau-frère debout, sans l’engager à s’asseoir, résolu à adopter avec le frère de sa femme les relations froides qui lui semblaient seules convenables depuis qu’il était décidé au divorce. C’était oublier l’irrésistible bonté de cœur de Stépane Arcadiévitch. Il ouvrit tout grands ses beaux yeux brillants et clairs. « Pourquoi ne peux-tu pas venir ? Tu ne veux pas le dire ? demanda-t-il en français avec quelque hésitation. Mais c’est chose promise, nous comptons sur toi ! – C’est impossible, parce que nos rapports de famille doivent être rompus. – Comment cela ? Pourquoi ? dit Oblonsky avec un sourire. – Parce que je songe à divorcer d’avec ma femme, votre sœur. Je dois… » La phrase n’était pas achevée que Stépane Arcadiévitch, contrairement à ce qu’attendait son beau-frère, s’affaissait en poussant un grand soupir dans un fauteuil. « Alexis Alexandrovitch, ce n’est pas possible, s’écria-t-il avec douleur. C’est cependant vrai. – Pardonne-moi, je n’y puis croire. » Alexis Alexandrovitch s’assit ; il sentait que ses paroles n’avaient pas produit le résultat voulu, et qu’une explication, même catégorique, ne changerait rien à ses rapports avec Oblonsky. « C’est une cruelle nécessité, mais je suis forcé de demander le divorce, reprit-il. – Que veux-tu que je te dise ! te connaissant pour un homme de bien, et Anna pour une femme d’élite, – excuse-moi de ne pouvoir changer mon opinion sur elle, – je ne puis croire à tout cela : il y a là quelque malentendu. – Oh ! si ce n’était qu’un malentendu ! – Permets, je comprends, mais je t’en supplie, ne te hâte pas. – Je n’ai rien fait avec précipitation, dit froidement Alexis Alexandrovitch ; mais dans une question semblable on ne peut prendre conseil de personne : je suis décidé. – C’est affreux ! soupira Stépane Arcadiévitch ; je t’en conjure : si, comme je le comprends, l’affaire n’est pas encore entamée, ne fais rien avant d’avoir causé avec ma femme. Elle aime Anna comme une sœur, elle t’aime, et c’est une femme de sens. Par amitié pour moi, cause avec elle. » Alexis Alexandrovitch se tut et réfléchit ; Stépane Arcadiévitch respecta son silence ; il le regardait avec sympathie. « Pourquoi ne pas venir dîner avec nous, au moins aujourd’hui ? Ma femme t’attend. Viens lui parler ; c’est, je t’assure, une femme supérieure. Parle-lui, je t’en conjure. – Si vous le désirez à ce point, j’irai, » dit en soupirant Alexis Alexandrovitch. Et pour changer de conversation il demanda à Stépane Arcadiévitch ce qu’il pensait de son nouveau chef, un homme encore jeune, dont l’avancement rapide avait étonné. Alexis Alexandrovitch ne l’avait jamais aimé, et il ne pouvait se défendre d’un sentiment d’envie, naturel chez un fonctionnaire sous le coup d’un insuccès. « C’est un homme qui paraît être fort au courant des affaires et très actif. – Actif, c’est possible, mais à quoi emploie-t-il son activité ? est-ce à faire du bien ou à détruire ce que d’autres ont fait avant lui ? Le fléau de notre gouvernement, c’est cette bureaucratie paperassière dont Anitchkine est un digne représentant. – En tout cas, il est très bon enfant, répondit Stépane Arcadiévitch. Je sors de chez lui, nous avons déjeuné ensemble, et je lui ai appris à faire une boisson, tu sais, avec du vin et des oranges. » Stépane Arcadiévitch consulta sa montre. « Hé bon Dieu, il est quatre heures passées ! et j’ai encore une visite à faire ! C’est convenu, tu viens dîner, n’est-ce pas ? tu nous ferais, à ma femme et à moi, un vrai chagrin en refusant. » Alexis Alexandrovitch reconduisit son beau-frère tout autrement qu’il ne l’avait accueilli. « Puisque j’ai promis, j’irai, répondit-il mélancoliquement. – Merci, et j’espère que tu ne le regretteras pas. » Et, tout en remettant son paletot, Oblonsky secoua le domestique par la tête et sortit.
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