L’hiver eut des froids terribles, Christine fut retenue par un gros rhume dans la maison mal close, qu’on ne parvenait pas à chauffer. Sa grossesse lui causait de fréquents malaises, elle restait accroupie devant le feu, elle était obligée de se fâcher, pour que Claude sortît sans elle, fit de longues marches sur la terre gelée et sonore des routes. Et lui, pendant ces promenades, en se retrouvant seul après des mois de continuelle existence à deux, s’étonnait de la façon dont avait tourné sa vie, en dehors de sa volonté. Jamais il n’avait voulu ce ménage, même avec elle ; il en aurait eu l’horreur, si on l’avait consulté ; et ça s’était fait cependant, et ça n’était plus à défaire ; car, sans parler de l’enfant, il était de ceux qui n’ont point le courage de rompre. Évidemment, cette dest


