Emmanuelle se laissait tirer par le coude. Elle était complètement déboussolée et si l’un des saisonniers ne lui avait apporté la liste des fournitures à commander, elle aurait tout laissé de côté pour se mettre à courir à travers les champs de vignes. Ses sens étaient aux aguets. Là, devant la porte de la cave à vin, elle avait cru sentir l’odeur de son bien-aimé. Son parfum n’avait été qu’une légère effluve et elle avait dû prendre plusieurs inspirations profondes pour savoir si c’était bien lui qu’elle avait senti, ou bien si tout cela n’avait été que le fruit de son imagination. Elle avait d’abord cru à un tour de son esprit. Combien de fois auparavant avait-elle cru entendre son appel ? Combien de fois avait-elle serré contre son cœur les draps dans lesquels elle avait partagé sa c


