CHAPITRE VI RigoletteLouise, la fille du lapidaire, était remarquablement belle, d’une beauté grave : svelte et grande, elle tenait de la Junon antique par la régularité de ses traits sévères, et de la Diane chasseresse par l’élégance de sa taille élevée. Malgré le hâle de son teint, malgré la rougeur rugueuse de ses mains d’un très beau galbe, mais durcies par les travaux domestiqués, malgré ses humbles vêtements, cette jeune fille avait un extérieur plein de noblesse. Nous n’essaierons pas de peindre la reconnaissance et la stupeur joyeuse de cette famille si brusquement arrachée à un sort épouvantable. Un moment même, dans cet enivrement subit, la mort de la petite fille fut oubliée. Rodolphe seul remarqua l’extrême pâleur de Louise et la sombre préoccupation dont elle semblait toujou


