VIII

1135 Mots

VIII Le vin jaune et le vin vermeil que les deux pages versaient au moinillon ne procuraient point cette ivresse banale et grossière qui alourdit la tête et fait perdre la raison. Loin de là, ils procuraient une ébriété agréable, une douce folie qui montrait bientôt la vie en rose. Jacques, le pauvre moine, à partir du moment où le valet entra, se crut transporté dans le pays des rêves et des chimères. On lui fit quitter son froc, on le lava avec des essences, on lui parfuma la tête, et les deux pages se mirent à l’habiller avec soin. Quand ce fut fait, ils le conduisirent devant un grand miroir d’acier et lui dirent : – Regarde ! Jacques ne se reconnut pas. Il vit un joli seigneur vêtu de soie et de velours, ayant une épée au côté, au cou une fine collerette. Les pages souriaient

Lecture gratuite pour les nouveaux utilisateurs
Scanner pour télécharger l’application
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Écrivain
  • chap_listCatalogue
  • likeAJOUTER