### CHAPITRE 07
« Oh, allez, mon vieux, il y a beaucoup de gens à blâmer pour son départ. Il y a beaucoup de gens à blâmer pour son départ, pas seulement toi », lui dis-je d’un ton rassurant.
« Oui, mais Trudy et moi étions les siens. Elle était notre petite sœur », murmure-t-il avec douleur en se couvrant les yeux. « Si seulement je m’en étais rendu compte un peu plus tôt. Elle n’a que 15 ans, elle n'est même pas encore une louve, et elle se retrouve toute seule dans ce monde rempli de voyous. Elle ne peut même pas se protéger. Tu sais qu’elle est comme une enfant. Elle fait confiance à n’importe qui et ne se plaint même pas si on lui fait du mal. » Il pousse un petit rire et baisse les yeux vers ses pieds, honteux. « J’avais l’habitude de profiter de tous ses traits de caractère, et maintenant je crains que quelqu’un d’autre ne les utilise à son profit. »
« Elle va bientôt revenir », dis-je en hochant la tête pour le rassurer. Je ne sais pas quoi dire d’autre. Il se plaint comme une fille.
« J’en doute », dit-il en riant sans humour. « Après ce qu’elle a vécu ici, ce sera le dernier endroit où elle voudra revenir. J’espère juste qu’elle se transformera bientôt en louve. »
« Elle ne s’est pas transformée le jour de son quinzième anniversaire ? »
« Oui, je ne comprends toujours pas. »
Moi non plus. Templar est un cas tellement inhabituel. Les loups qui ont un parent humain se transforment toujours le jour de leur treizième anniversaire, mais là, c’est… Je n’ai aucune idée de comment le décrire ou de ce que c’est.
« Quoi qu’il en soit, je dois y aller. Sinon… » Terence se lève et pousse un grand soupir.
« Teresa doit aussi porter une partie du blâme », lui dis-je. « C’est vrai, elle doit le faire ! »
Il me regarde avec des yeux tristes, puis il part.
Je lui lance un grognement en partant. s****d ! Comment ose-t-il ? Je sais que je ne l’ai pas bien traitée, mais j’avais mes raisons. Si elle revient un jour, je ferai en sorte de rester en dehors de son chemin à cause de ce que j'ai fait, mais je ne m’excuserai pas auprès d’elle, parce que je suis l’Alpha.
J’en ai assez du drame pour une matinée, alors je me rends à la salle de sport pour évacuer mes tensions. Il reste encore du temps avant que l’école ne commence, et le petit déjeuner n’est pas encore prêt. Le cuisinier va prendre un certain temps. Il est arrivé après avoir terminé chez mon père. J’ai donc tout mon temps.
J’ai 16 ans et je suis un Alpha. Contrairement à mon père, j’aime être un Alpha. J’aime le pouvoir qui en découle. C’est amusant de voir à quel point tout le monde a peur de toi. Mon père m’a donné le titre d’Alpha le jour de mon seizième anniversaire, deux ans plus tôt qu’il n’aurait dû. Après la mort de ma mère, il est devenu fou et a perdu tout intérêt pour le rôle d’Alpha. Il s’en prenait à n’importe qui, n’importe quand. Templar a beaucoup souffert parce qu’elle était une cible facile. Après son départ, il a commencé à s’en prendre à des enfants. Je ne pouvais plus rester avec ce vieux fou, alors dès que je suis devenu l’Alpha, je me suis construit une maison qui me convenait.
Papa m’a remis le titre le jour de mes seize ans, pensant que quelqu’un dans la meute deviendrait ma compagne. Aucune des filles de la meute ne s’est révélée être elle, et j’en étais heureux. Je sais que les compagnes sont tout, et toutes ces conneries, alors je la trouverai quand le moment sera venu, mais pour l’instant, je n’en ai pas besoin.
Je m’assieds sur le tapis de la salle de sport et je commence à faire des pompes. À ma 105e série de pompes, je suis perturbé.
« Alpha, il y a des odeurs inconnues sur notre territoire, en direction du sud », dit Egan, mon troisième commandant, par l’intermédiaire du lien de la meute.
Je me lève immédiatement du sol et commence à étirer les muscles de mes bras. Je déteste les voyous. Ils ont attaqué notre meute trop souvent, et ils ont tué ma mère.
« Suis l’odeur, je vous rejoins bientôt », lui réponds-je par le biais du lien de la meute.
« Hé, cette odeur est similaire à celle que nous avons rencontrée il y a quelques jours, sauf qu’il y a une odeur inhabituelle cette fois-ci », dit Terence par le biais du lien.
En quelques minutes, j’atteins l’endroit où les autres m’ont indiqué qu’ils se trouvent grâce au lien de la meute. Egan et d’autres membres de la meute sont sous leur forme de loup et courent le long de la route, à la poursuite de trois voitures noires. Je me transforme en mon énorme loup noir et commence à courir après l’une des voitures.
Quand j’atteins la voiture, l’homme sur le siège passager me regarde et me fait un signe de la main en guise d’au revoir. Je lui lance un grognement. Terence arrive rapidement à mes côtés et Egan court de l’autre côté de la voiture, le reste de la meute poursuivant.
« Tu sens ça ? » me demande Terence.
« Tu sens quoi ? » lui réponds-je d’un ton cassant, en essayant de rester concentré sur la poursuite.
« Cette douce odeur. »
« Les voleurs ne sentent pas bon », lui dis-je.
L’homme sur le siège passager me sourit largement et ses yeux deviennent d’un noir profond. La voiture commence à accélérer. Je veux que ce fils de p**e meure. Je cours plus vite, essayant de suivre la voiture, et je laisse Terence loin derrière alors qu’il ralentit.
« Ils ont une fille avec eux », me dit Egan par le biais du lien, inquiet. « Je pense qu’ils sont en train de la kidnapper. »
Il n'y a plus aucun signe de Terence.
« Où es-tu ? » lui demandé-je, agacé, par le biais du lien.
« Je ne comprends pas l’odeur », répond-il.
Qu’est-ce qui ne va pas chez lui ? Je l’ignore et je regarde les voitures. Je peux voir devant moi, dans la deuxième voiture, une jeune fille. Elle dort comme si elle avait été droguée, et ses cheveux sont tombés pour couvrir son visage. Je vois un morceau de tissu dans sa bouche qui doit être imbibé de ce qu’ils ont utilisé pour la droguer. Elle est en train d’être kidnappée.
Je devance la deuxième voiture et je saute sur la route, me mettant à quatre pattes devant eux. La meute se rapproche rapidement de moi et me soutient, sauf Terence. Il va recevoir un coup de ma part plus tard pour son comportement.
La voiture s’arrête juste avant de nous heurter. Le conducteur et le passager nous sourient tous les deux. Ces salauds.
Je grogne encore plus fort contre eux, et un instant plus tard, ils appuient sur l’accélérateur, faisant patiner les pneus, et s’éloignent en direction des bois. Les deux autres voitures les suivent de près. Ces types sont devenus fous. Ils roulent dans des bois inconnus avec une meute à leurs trousses.
« Rassemblez les hommes près de la frontière. Je veux que ces cabots soient tués avant qu’ils ne traversent le territoire », ordonné-je en laissant un grognement passer à travers le lien.
Alors que je poursuis les voitures, je remarque soudain quelque chose dans la main du passager de la première voiture. C’est une grosse télécommande noire. Il la pointe par la fenêtre et appuie sur le gros bouton rouge.
La voiture qui la suit explose une seconde après, me stoppant net dans mon élan. L’explosion catapulte la voiture en l’air, couverte de flammes, et des morceaux volent dans toutes les directions.