XIII Il était dix heures du soir lorsque miss Grace et les Longman, fidèles à leur parole comme de vrais Anglais, apparurent à l’horizon de Kouzbarrah. Ahmed avait couru au-devant d’eux ; nous gardions la maison en rédigeant notre journal de voyage. Un domestique nous apprit par ses gestes que le cortège était en vue. Du sélamlik à l’escalier, et de l’escalier aux terrasses nous ne fîmes que deux bonds. Et vraiment c’eût été grand dommage de manquer un pareil coup d’œil. La cavalcade, à mille pas de nous, glissait sur la plaine obscure comme un long serpent de feu. Huit hommes à pied, vêtus de cotonnade blanche, précédaient, flanquaient et suivaient les cavaliers en agitant ces fourneaux portatifs où le bois flambe et pétille au bout des piques. Quelques autres brandissaient des torches


