IV La nuit était tombée, froide et humide, sur le quai d’Aiguillon. Quelques voitures passaient, de loin en loin, éclaboussant de lumière la chaussée noire. On entendait le vent souffler dans les branches mortes des arbres de l’avenue. Quelques vitrines étaient encore illuminées et, dans les bars, on disposait les chaises sur les tables. — On va s’en jeter un dernier ? demanda Moisan. — Mais tout est fermé ! dit Mary. — Non, le bar de l’As reste ouvert jusqu’à minuit. Peut-être même que chez Guitte… Il n’acheva pas sa phrase et ils continuèrent de marcher en silence au long de l’avenue déserte. — Quand on pense, dit Moisan rêveur, à l’animation qu’il y a ici en été ! Ils longeaient un bâtiment qui faisait angle avec la place du marché. « Grand Hôtel » , lut Mary sur la façade. Tout


