Lydie tenait l’enveloppe froissée, assise sur son canapé dans son appartement du Vieux-Lille. La lettre de Luc, arrivée par la poste ce matin, reposait ouverte sur la table basse, ses mots – “Je veux être là, pour toi, pour notre enfant, pas comme un héritier, mais comme quelqu’un qui apprend de ses erreurs” – gravés dans son esprit. L’odeur de café frais et de pain grillé flottait, vestige du petit-déjeuner préparé par Sophie, sa colocataire, avant de partir à la fac. Dehors, la pluie d’avril tambourinait sur les pavés, et les néons des boutiques de la rue Esquermoise scintillaient à travers la fenêtre. Lydie, enceinte de trois mois, sentait le poids de sa décision : accepter ou non la proposition de Luc de construire une vie stable pour leur bébé. La sonnette retentit, la faisant sursau


