Lydie appliquait une couche de peinture bleu pastel sur un mur de la future chambre du bébé, l’odeur chimique atténuée par la fenêtre ouverte donnant sur la rue Esquermoise. Les pavés luisants du Vieux-Lille réfléchissaient un soleil d’avril timide, et l’odeur des gaufres du vendeur ambulant flottait jusqu’à l’appartement. Deux semaines après la libération de Luc, Lydie et lui passaien » leurs journées à préparer l’arrivée du bébé, un projet qui les rapprochait malgré les blessures du passé. Enceinte de quatre mois et demi, Lydie sentait son ventre s’arrondir, et chaque coup de pinceau semblait sceller un espoir fragile. Luc, en jean et t-shirt taché de peinture, vissait les pièces d’un berceau blanc, ses lunettes glissant sur son nez. « T’es sûr que ce truc va tenir ? » demanda Lydie, un


